11-Novembre : “Maudite soit la guerre !” 04/11/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/11/une_3040-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-11-04

Leur société

11-Novembre : “Maudite soit la guerre !”

Depuis cet été, le ministère de l’Éducation nationale prépare la mise en place de cérémonies commémoratives du 11 novembre dans les établissements scolaires. Il s’agirait de célébrer non pas « la guerre, mais la paix conquise », selon les mots du ministre.

Évidemment, personne n’a jamais justifié la guerre autrement que par la conquête de la paix. Mais de quelle paix parle-t-on ? La paix pour les peuples colonisés, qui étaient pourtant « morts pour la France », eux aussi, mais qui étaient toujours privés de tous les droits élémentaires au moment de l’armistice ? La paix pour les « gueules cassées », comme on appelait les soldats défigurés par de graves blessures ? Pour ceux que quatre ans dans les tranchées avaient rendus fous ? Pour les millions de prolétaires qui s’étaient entretués afin que leur bourgeoisie puisse mettre la main sur le caoutchouc de l’Indochine, pour les profits des Michelin et autres Renault ?

La « paix » de 1918 n’a même pas vraiment mis fin à la guerre : elle a semé les graines de la suivante, encore plus barbare et meurtrière.

Alors, aujourd’hui qu’une nouvelle boucherie généralisée se prépare, l’exécutif veut « réarmer » les esprits. Il met en avant le sens du sacrifice, du collectif, joue sur les sentiments les plus généreux de la jeunesse pour encourager l’engagement dans l’armée. Les militaires sont d’ailleurs invités, comme la police, à participer aux cérémonies dans les écoles, les collèges et les lycées.

Il faut espérer que le comportement des forces de répression lors des manifestations actuelles fasse réfléchir plus d’un jeune sur le rôle des corps armés.

Et s’il faut se souvenir, souvenons-nous de ceux qui ont fraternisé avec les ouvriers sous l’uniforme du camp d’en face, et qui ont été fusillés « pour l’exemple », pour avoir espéré la paix entre les peuples. Plusieurs monuments aux morts rendent hommage aux soldats tombés sous les balles de leurs propres généraux. Souvenons-nous de ceux qui se sont mutinés en 1917 refusant de continuer une guerre qui n’était pas la leur. Et surtout, souvenons- nous des révolutionnaires qui ont combattu la guerre en préparant la révolution, pour retirer à la bourgeoisie le pouvoir de décider de l’avenir de toute la société. Un combat plus que jamais d’actualité.

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