24 octobre : le gouvernement en échec 28/10/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/10/P5-1_manifs_24_octobre_2026_10_24_Manif_51_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C799%2C450_crop_detail.jpg 2026-10-28

Les jeunes en lutte

24 octobre : le gouvernement en échec

Les 410 000 manifestants samedi 24 octobre, selon le ministère de l’Intérieur, ont déjoué les manœuvres d’intimidation et les interdictions.

Illustration - le gouvernement en échec

Toute la semaine précédente, les grands médias d’information – et pas seulement ceux d’extrême droite – avaient fait donner l’artillerie lourde. Les reportages sur les commerces saccagés ont tourné en boucle, les légendes horrifiques sur les croquemitaines de l’ultragauche et de LFI ont saturé les plateaux de télévision et les ondes radio.

Une seule question a semblé intéresser commentateurs et prétendus spécialistes : comment les forces de répression ont-elles pu se faire déborder le 17 octobre et comment se préparer à ne pas revivre le même épisode le 24 ? Derrière ces simulacres de débats, l’objectif est d’assimiler tout manifestant à un casseur ou un pilleur et de faire disparaître derrière un écran de fumée les revendications. Ce qui a « débordé » les prévisions du gouvernement et de son renseignement intérieur c’est une colère de plus en plus large contre la dégradation des conditions de vie.

Jeudi 22 octobre, à l’issue d’un conseil de sécurité à l’Élysée, Macron avait annoncé que, « pour protéger nos centres- villes, en particulier nos commerces et nos bâtiments publics, la recommandation générale, c’est pas de manifestation dans les jours à venir ».

Dans plus d’une centaine de villes, des arrêtés préfectoraux ont immédiatement interdit les rassemblements, en particulier dans les grandes agglomérations, Rouen, Lyon, Marseille – dans cette dernière ville la manifestation a été finalement autorisée. Dans des dizaines d’autres, les préfets ont interdit l’accès au centre-ville.

Ces interdictions ou entraves à manifester se sont ajoutées aux couvre-feux locaux imposés depuis le 18 octobre. Dans le même temps, le ministère de l’Intérieur a annoncé une augmentation des effectifs de police et de gendarmerie mobile déployés dans les rues le 24 octobre.

Ces mesures autoritaires, les quelque 10 000 gardes à vue depuis le début du mouvement lycéen et les procès expéditifs ne visent évidemment pas à défendre le « petit commerce ». Elles ont pour but de vider les rues, de dissuader d’aller aux manifestations et d’éviter une extension de la contestation.

Et pour le coup, malgré les obstacles et les menaces, celle-ci a trouvé son chemin.

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