Le 5 novembre et après : des confédérations syndicales pas pressées 04/11/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/11/une_3040-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-11-04

Leur société

Le 5 novembre et après : des confédérations syndicales pas pressées

Alors qu’elle était programmée fin septembre par la fédération CGT Métallurgie comme une journée visant à défendre « notre industrie », la date du 5 novembre est devenue une étape dans le mouvement initié par la jeunesse.

Ce n’est que le 5 octobre, après le succès de la mobilisation du 29 septembre, que poussée par l’explosion de colère lycéenne, une intersyndicale CGT, FO et CFDT s’est emparée de la date du 5 novembre pour appeler les salariés du privé et du public à en faire une journée de grève et de manifestation « pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie ». Alors que la jeunesse en était déjà à sa deuxième semaine de mobilisation, l’intersyndicale n’affichait de perspective pour les travailleurs que dans un délai d’un mois… Pendant tout le mois d’octobre, les confédérations se sont donc contentées du minimum : déclarer leur soutien aux lycéens et appeler aux manifestations des samedis. Dans la plupart des entreprises, elles ont de plus maintenu le silence radio, la parole restant le monopole du gouvernement, de BFMTV et de CNews.

Après trois samedis de mobilisation réussie, les 17, 24 et 31 octobre, le 5 novembre est finalement devenu de fait une perspective pour bien des lycéens et des étudiants, leur permettant de relancer leur mouvement après les congés. Les confédérations syndicales ont pu aussi apparaître comme voulant donner une perspective, une direction au mouvement de protestation. Pas plus qu’en octobre, les confédérations syndicales ne cherchent vraiment à faire que les travailleurs s’engouffrent dans la brèche ouverte par les manifestations lycéennes pour défendre leurs intérêts de classe. Elles se placent même en retrait. Ainsi, quand Sophie Binet s’est adressée par lettre aux syndicats CGT le 26 octobre, c’était pour leur fixer l’objectif, non de lutter pour de véritables augmentations, mais de préparer l’ouverture des négociations annuelles obligatoires (NAO) ! Or ces dernières visent surtout à étouffer les mobilisations des travailleurs sur les salaires dans des discussions sans fin entre patrons et syndicats autour d’un tapis vert.

La politique de la direction de la CGT va même encore plus à l’encontre de la mobilisation des travailleurs quand Sophie Binet déclare que « l’enjeu de la mobilisation dépasse la simple satisfaction des revendications, mais déterminera la dynamique des élections présidentielle et législatives ». C’est vouloir déplacer la lutte sur le terrain électoral.

Les confédérations syndicales ont des objectifs propres, notamment la reconnaissance du rôle de leur appareil dans le cadre de ce système capitaliste. Elles ne défendent que bien partiellement les intérêts matériels du monde du travail. Si la grève du 5 novembre ou une autre journée ouvrait la voie à une véritable mobilisation de la classe ouvrière, les travailleurs ne pourraient se fier à leur direction. Dès le début de leur mobilisation, ils devraient chercher à se donner leur propre direction, élue et contrôlée par la base dans chaque entreprise, autour de comités de grève décidant démocratiquement de leurs propres revendications et des moyens pour les obtenir.

Partager