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Dans le monde
Algérie : répression contre les travailleurs
En Algérie la répression s’abat sur des travailleurs et des syndicalistes qui ont osé contester et revendiquer.
Des cheminots ont été condamnés à des peines de prison et, le 28 juillet, la justice a prononcé la dissolution du Cnapeste, le plus important syndicat autonome de l’éducation.
En 2025, ce syndicat avait répondu au mécontentement des salariés de l’éducation contre une loi qui les attaquait. À l’occasion d’un rassemblement, deux responsables du Cnapeste, dont le coordinateur national, Messaoud Boudiba, avaient été arrêtés et mis sous contrôle judiciaire à des centaines de kilomètres de leur domicile. Depuis, d’autres syndicalistes ont été harcelés par la justice et une dizaine d’enseignants ont été suspendus.
Cette annonce, faite au milieu des vacances d’été, ne peut qu’accroître la colère des travailleurs de l’éducation, que le gouvernement ne juge pas assez dociles. En effet, sous leur pression, alors même que la plupart des salaires stagnent, le président Abdelmadjid Tebboune avait dû leur concéder des augmentations.
Cette répression succède à celle contre les cheminots et leurs syndicats, opposés à une direction sourde à leurs revendications en matière de salaire et de conditions de travail. Après une grève qui dénonçait, entre autres, l’emprisonnement du responsable de la fédération UGTA des chemins de fer, dix cheminots ont été condamnés à des peines allant de deux à cinq ans de prison. La justice leur reproche d’avoir organisé des rassemblements non autorisés et d’avoir « incité à l’entrave au bon fonctionnement d’un service public sensible ».
Les enseignants et les cheminots ne sont pas des délinquants, ils défendent simplement leur droit à l’existence. Cette criminalisation de la lutte vise à mettre au pas tous les travailleurs et s’inscrit dans un contexte répressif qui a conduit en prison des journalistes, des militants, des influenceuses et de simples citoyens. Alors que les conditions de vie des classes populaires ne cessent de se dégrader, ce verrouillage des libertés syndicales et des droits des travailleurs ne pourra empêcher les aspirations à une vie digne de s’exprimer.