Bab-el-Mandeb : la porte des pleurs 14/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3037-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg 2026-10-14

Dans le monde

Bab-el-Mandeb : la porte des pleurs

Le 12 octobre, l’OIM, organisme de l’ONU spécialement chargé des migrations internationales, a rapporté la mort en mer de 139 migrants et la disparition de 84 autres.

Il s’agissait d’Éthiopiens tentant de gagner le Yémen en traversant d’ouest en est le détroit de Bab-el-Mandeb, à l’entrée de la mer Rouge.

Le même organisme recueille à Djibouti des milliers de Yéménites qui, pour fuir la guerre eux aussi, ont fait le trajet d’est en ouest, au péril de leur vie. Dans les deux sens, pour tenter de vivre et de faire vivre leur famille loin des massacres, des dizaines de milliers de personnes tentent la traversée. Et personne ne sait même combien d’entre elles se noient.

Bab-el-Mandeb, dont le nom en arabe signifie « la porte des pleurs » est pourtant un détroit très fréquenté. Plusieurs dizaines de grands cargos, pétroliers et porte-conteneurs y passent chaque jour. Les flottes américaine, française, italienne, britannique et autres y font croiser leurs navires de guerre en permanence. Le moindre banc de sardines y est immédiatement repéré par les satellites et les sonars militaires, même si les pêcheurs ne se risquent plus guère à sortir en mer. Les grandes puissances, États-Unis, France, Italie, Japon, Chine et même l’Arabie saoudite entretiennent chacune une base militaire permanente à Djibouti et d’autres, un peu plus loin dans l’océan Indien. Mais tous ces moyens ne sont d’aucune utilité aux malheureux qui tentent la traversée sur des canots pneumatiques surchargés. Au contraire même, cette débauche de forces est la manifestation la plus visible de leur malheur.

Car la guerre que les populations fuient, au Yémen comme en Éthiopie, dans la péninsule arabique comme en Afrique de l’Est, est voulue, entretenue, attisée et financée par les grandes puissances dans leur volonté de dominer ce passage stratégique et, au-delà, les champs pétrolifères et le monde entier.

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