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Dans le monde
Ceuta : violence contre les migrants
Dans l’enclave espagnole de Ceuta, au Maroc, les manifestations se succèdent contre les migrants depuis qu’ils ont été 80 000 à passer la frontière à la nage fin juillet. Même si beaucoup sont repartis, entre 5 000 et 10 000 d’entre eux sont restés à Ceuta.
Le régime marocain est souvent accusé d’avoir facilité cette arrivée soudaine de migrants. Mais ce sont d’abord la misère et les inégalités qui poussent des jeunes à traverser les frontières coûte que coûte pour tenter de rejoindre l’Europe.
Le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez, qui s’appuie sur les partis de gauche, a traité les migrants comme des envahisseurs, en annonçant le 31 juillet « une attaque et une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne », tout en soignant ses relations avec le Maroc. Sous la pression de la droite et de l’extrême droite, qui ont mené leur surenchère habituelle sur ce sujet, il a envoyé l’armée de terre et des véhicules blindés pour encadrer les migrants, puis de nombreux renforts de police, et mis en place des camps.
Alors que les migrants veulent aller travailler en Espagne ou en Europe, ils se retrouvent bloqués à Ceuta. Chassés du centre-ville, ils tentent de survivre sur les plages et dans les quartiers populaires de la périphérie. Des habitants ont organisé des soupes populaires, des hébergements, ouvert des espaces pour les plus jeunes et les jeunes filles en particulier. Mais les migrants font surtout face à une hostilité massive. Des milliers de personnes ont manifesté contre eux, dans cette ville de 80 000 habitants. Des groupes ont formé des « patrouilles » dans leurs quartiers. Des migrants sont caillassés ou frappés. Plusieurs de leurs campements sur les plages ont été incendiés.
Une partie des habitants sont inquiets du climat de violence. Ils se méfient de l’extrême droite qui tente d’exploiter la situation. Les plus conscients réalisent aussi que ce rejet réactionnaire est un poison mortel.