Chirurgie esthétique : le profit avant tout 02/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3031-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C5%2C1265%2C1645_crop_detail.jpg 2026-09-02

Leur société

Chirurgie esthétique : le profit avant tout

Le 27 juillet, une jeune femme est morte suite à une injection réalisée dans un « centre de beauté » à Nice. Les représentants des médecins et chirurgiens esthétiques ont alerté sur les dangers, bien réels, de ce type d’exercice illégal de leur profession. Mais c’est d’une façon particulièrement hypocrite et intéressée.

Depuis bien longtemps, la chirurgie esthétique s’enrichit sur les canons de beauté véhiculés par la société. La recherche de l’éternelle jeunesse ou la volonté de ressembler à des modèles féminins et masculins loin de la réalité font la fortune de ces médecins.

À cela s’ajoute, depuis une quinzaine d’années, l’image de la beauté féminine vendue par un monde de téléréalité et de réseaux sociaux, qui veut faire croire que si on ne combine pas la taille de guêpe de Barbie, les fesses de Kim Kardashian et les lèvres pulpeuses d’une influenceuse de Dubaï, cela ne vaut pas la peine d’exister. Et les garçons sont soumis à une compétition analogue pour correspondre au stéréotype du héros musclé avec les attributs correspondants.

Nombreux sont les petits margoulins qui s’enrichissent sur ce désir de correspondre aux normes en vigueur. D’autant que c’est désormais à une jeunesse moins riche mais bien plus nombreuse qu’ils peuvent vendre le rêve de transformer son corps avec autant de facilité que le font les filtres des applications TikTok ou Instagram. Une excellente affaire puisqu’en France, les 400 000 opérations réalisées annuellement et le nombre encore plus grand d’actes de « médecine esthétique » rapportent plus de 3 milliards d’euros. Les « partenariats » plus ou moins discrets entre cliniques et influenceurs permettent de contourner efficacement l’interdiction légale de faire la publicité commerciale pour des interventions chirurgicales, et, à certaines stars de la chirurgie, d’engranger plus d’un million d’euros par an.

Du côté des patients, moyennant 5 000 euros, on peut se faire refaire les fesses, les seins ou le nez dans une clinique des beaux quartiers sans risquer sa vie, dans l’immédiat. Mais ces opérations, comme les injections d’acide hyaluronique ou de botox qui se multiplient, ne sont jamais anodines et préparent des problèmes de santé.

Et il est dans la logique du capitalisme, qui ne néglige aucune source de profit, de proposer aux filles et garçons désargentés des solutions « low cost » bien plus risquées, et tant pis pour celles et ceux qui y perdront la vie ou la santé.

Partager