Cour des comptes : les milliards d’Amélie 23/09/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/09/P6-2_Lecornu_cherchant_largent_pour_le_budget_OK_LUPO_rSNhprg.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C974%2C548_crop_detail.jpg 2026-09-23

Leur société

Cour des comptes : les milliards d’Amélie

Amélie de Montchalin, à la tête de la Cour des comptes, vient d’alerter les lecteurs du journal Le Parisien sur « l’envolée des intérêts de la dette » et l’urgence d’un budget 2027 qui prévoie comment les payer.

Illustration - les milliards d’Amélie

Bien que les lecteurs de Lutte ouvrière ne soient certainement pas à l’origine de cette dette, pas davantage que le reste de la population travailleuse, l’ancienne ministre des Comptes publics livre à qui veut l’entendre quelques pistes d’économies destinées à combler une partie du trou creusé par ces 80 milliards d’intérêts pour l’année 2026.

Divine surprise, Amélie et la Cour des comptes estiment opportun d’augmenter les prélèvements sur le patrimoine des ménages les plus fortunés. Il faut dire que ce patrimoine a beaucoup grossi et s’est concentré entre les mains des 10 % de riches qui détiennent à eux seuls la moitié du total. Alors que les 30 % les plus pauvres ne possèdent que livrets d’épargne, voiture et équipements de la maison, les 1 % les plus riches ont un patrimoine composé d’immobilier, et surtout de placements.

On reste cependant bien loin même de la taxe Zucman qui suggérait une taxation à 2 % du patrimoine des plus riches. Il n’est question que d’une « taxe modérée mais progressive » qui pourrait rapporter au fisc 1,4 milliard d’euros, et ne concernerait que les placements personnels et non professionnels. Tout ce qui reste « dans l’entreprise » comme disent les patrons ne serait donc pas touché. Pas si naïve, la Cour des comptes suggère tout de même de taxer légèrement certaines holdings, ces regroupements de filiales dans un cadre commun qui permet « l’optimisation » fiscale.

Mais surtout, fidèles à Lecornu, au gouvernement, aux capitalistes qu’il sert, Amélie et sa Cour (des comptes) assènent comme une évidence la nécessité de coupes qu’elles évaluent à 20 milliards sur trois ans sur la masse salariale de la fonction publique, en taillant dans les effectifs comme dans les salaires. Il s’agirait donc de ne pas remplacer les travailleurs partant en retraite, de ralentir ou bloquer leur avancement et de geler une année de plus le point d’indice qui détermine leur salaire.

Pour simplifier leurs calculs, on pourrait leur suggérer de prélever les 54 milliards réclamés par Lecornu sur les indécents profits patronaux.

Partager