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- Lutte ouvrière n°3037
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Les jeunes en lutte
“Des moyens pour l’éducation” : une question politique
Des centaines de milliers de lycéens poursuivent un mouvement commencé pour obtenir des moyens dignes de ce nom dans les secteurs abandonnés de l’Éducation nationale.

Sans surprise, le manque de moyens touche davantage les collèges et lycées des quartiers populaires, des petites villes déjà frappées par le chômage et, tout particulièrement, les lycées professionnels.
Le mouvement s’est depuis élargi à toute la jeunesse, y compris étudiante, et aux travailleurs de l’Éducation.
Il a aussi élargi ses revendications, tout en chiffrant à dix milliards d’euros l’augmentation nécessaire du budget consacré à la jeunesse.
La question n’est pas de savoir si cette somme suffirait à embaucher le personnel manquant et à le payer correctement, à rénover ou construire les établissements scolaires, stades, piscines et bibliothèques pour accueillir correctement quinze millions d’élèves. En admettant, et en militant pour que le mouvement devienne suffisamment puissant pour faire reculer le gouvernement, la question est de savoir où ce dernier prendrait dix milliards ?
Il ne s’agit évidemment pas de les prendre sur les budgets utiles, comme la santé, la protection sociale, le logement populaire, les infrastructures urbaines etc.
Malgré la propagande réactionnaire permanente, les jeunes en mouvement, qui ont tous des grands-parents, ne peuvent pas croire que les retraites des travailleurs sont un privilège exorbitant.
Il reste donc les budgets consacrés, sous diverses formes, aux capitalistes, à commencer par les 270 milliards d’aides aux entreprises, qui tombent dans les coffres des plus riches. Il faut y ajouter les 91 milliards versés aux banques pour payer la dette de l’État, qui n’a certainement pas été creusée par la jeunesse et, last but not least, les 70 milliards du budget militaire qui enrichissent les Dassault et autres marchands de mort.
L’approfondissement du mouvement, son élargissement populaire, le 17 octobre par exemple, pourraient donc se faire sous le mot d’ordre : « Des fonds pour l’Éducation, pas pour les milliardaires, pas pour les militaires ».
Un mot d’ordre qui, outre sa logique comptable, conteste radicalement l’ordre social.