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Leur société
Dette : le parasitisme de la bourgeoisie
Pas une journée ne passe sans que les membres du gouvernement ou leurs perroquets médiatiques n’invoquent le montant de la dette publique, voire la faillite possible de l’État, pour justifier les attaques les plus brutales contre le monde du travail.

Ainsi, les 54 milliards d’économies supplémentaires que le gouvernement entend imposer, au nom de la réduction du déficit budgétaire en 2027, seraient intégralement volés dans les poches des travailleurs, qu’ils soient actifs, retraités, chômeurs, en maladie ou en invalidité.
Cette dette, d’un montant astronomique, n’est pas celle des travailleurs. C’est intégralement celle des capitalistes. Alors qu’en 1980, la dette publique représentait 20 % du produit intérieur brut, la richesse produite en un an, elle en représente aujourd’hui 120 %. La succession des gouvernements de droite et de gauche a multiplié les cadeaux, exonérations sociales ou fiscales, subventions à la classe capitaliste sous les prétextes les plus divers.
Chaque année, 270 milliards d’euros sont actuellement versés, essentiellement aux plus grands groupes et se retrouvent dans les dividendes exorbitants versés aux actionnaires. Cette somme représente quatre fois le budget de l’enseignement public. Elle représente même bien plus que l’ensemble du déficit public annuel de 152 milliards d’euros. Mais, pour le gouvernement, bon régisseur de cette grande bourgeoisie, il est hors de question de stopper cette hémorragie et de mettre fin au parasitisme de ses maîtres. Il présente donc l’addition aux classes populaires.
Le comble est qu’aujourd’hui ces capitalistes bénéficient doublement de l’argent public. Car ceux-là même qui creusent la dette s’enrichissent aussi en prêtant à l’État français, via leurs groupes financiers, banques et fonds de placement, à des taux d’intérêt qui ne cessent de grimper et qui ont atteint près de 5 % début octobre. Mécaniquement la charge de la dette, les intérêts payés annuellement, explose et pourrait atteindre selon la Cour des comptes 80 milliards en 2026.
En 1850, Karl Marx, dans son ouvrage Les Luttes de classes en France expliquait que sous le règne de l’aristocratie financière, pendant la monarchie de Juillet, « l’endettement de l’État était […] d’un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait […]. C’était principalement le déficit de l’État qui était l’objet même de ses spéculations et la source principale de son enrichissement. »
Parmi d’autres causes, la révolution de 1848 a été la conséquence du règne de cette aristocratie financière. Ses descendants d’aujourd’hui, vautrés dans le luxe et le pillage de l’argent public, finiront par provoquer la révolution à venir.