Eau contaminée : aux pollueurs de payer ! 09/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3032-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-09

Leur société

Eau contaminée : aux pollueurs de payer !

En 2024, 29 % de la population en France a été exposée à une eau contenant des PFAS, ces polluants chimiques dits éternels, ou à des pesticides au-delà du seuil réglementaire. Et ce taux d’exposition ne cesse de progresser.

Les PFAS restent dans le corps et augmentent le risque d’apparition de certains cancers. Ils perturbent le système immunitaire. Les pesticides, eux, agissent comme des perturbateurs endocriniens, affectent la reproduction et la santé des plus jeunes enfants. Il s’agit d’un problème majeur de santé publique.

Cette pollution est essentiellement le fruit des rejets de l’industrie et en particulier de l’agroindustrie. Mais les pollueurs ne sont pas les payeurs. La redevance PFAS, instituée en 2025, rapportera en 2026 la somme ridicule de 5 millions d’euros environ, alors qu’un rapport de l’Igas a chiffré le 31 juillet le surcoût de cette décontamination entre 1,3 et 5,7 milliards par an.

Sans vergogne, ce rapport préconise d’augmenter la facture d’eau aux particuliers, ce que ses auteurs appellent cyniquement le principe du « pollué-payeur ». Suivant les hypothèses, un ménage paierait chaque année l’eau qu’il consomme entre 70 et 130 euros supplémentaires. Le rapport appelle aussi à généraliser d’autres façons de rançonner les particuliers. Il cite en exemple la ville de Toulouse, qui depuis 2024 a instauré « une tarification saisonnière avec une augmentation de 42 % sur le prix de l’eau en été et une baisse de 30% en hiver ». Il cite aussi la « tarification progressive » mise en œuvre à Dunkerque, Montpellier ou Libourne, qui consiste à augmenter le prix de l’eau en fonction du volume consommé. Dans tous les cas, il s’agit d’alourdir la facture de l’eau, ce qui revient à restreindre la consommation d’eau des plus pauvres.

Quant aux capitalistes de l’agriculture, ils viennent d’obtenir une loi d’urgence agricole qui autorise des pesticides cancérogènes auparavant interdits. La contamination des nappes phréatiques et de l’eau du robinet a de beaux jours devant elle.

Partager