États-Unis : la démocratie du dollar 28/10/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/10/P9-1_Trump_et_Musk_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-140%2C242%2C765%2C594_crop_detail.jpg 2026-10-28

Dans le monde

États-Unis : la démocratie du dollar

Parmi les dizaines de milliers de postes d’élus en jeu lors des élections de mi-mandats du 3 novembre, la bataille pour le contrôle du Congrès polarise l’attention des partis démocrate et républicain.

Illustration - la démocratie du dollar

Ces deux partis font campagne à coups de centaines de millions de dollars qui leur permettent d’acheter des spots publicitaires sur les chaînes de télévision. Dans les circonscriptions où l’élection des représentants est la plus disputée, les républicains ont dépensé jusqu’à présent 313 millions et les démocrates presque 300 millions. Les sommes sont encore supérieures pour les élections des sénateurs : 946 millions pour les républicains et 625 millions pour les démocrates. Au Texas, Elon Musk a donné à lui seul 158 millions de dollars à la campagne du candidat républicain au Sénat.

Les électeurs sont aussi amenés à se prononcer sur de nombreux sujets. En Californie, contre l’avis du gouverneur démocrate, un syndicat de la santé a réussi à mettre aux voix un référendum pour une taxe ponctuelle de 5 % sur la fortune des 250 milliardaires résidant dans cet État, afin de financer le système de santé. Pour combattre cette « proposition 40 », plusieurs milliardaires ont investi au moins 218 millions de dollars.

Même si la proposition 40 remportait la majorité, elle serait contestée devant des tribunaux qui se montrent souvent compréhensifs envers les plus riches. Ce référendum a surtout pour mérite d’attirer l’attention sur le peu d’impôts que payent les capitalistes. Au cours de l’année fiscale, qui s’est achevée le 1er octobre, les plus grandes entreprises américaines ont payé 70 milliards de dollars de moins d’impôt que l’année précédente, et cela bien que leurs affaires aient prospéré. Elles peuvent dire merci à la loi fiscale imposée par Trump à l’été 2025.

Pour les milliardaires, il existe bien des façons d’échapper à l’impôt. Ainsi Jeff Bezos, qui a vu sa fortune s’accroître de 100 milliards de dollars entre 2014 et 2018, a pu ne déclarer légalement que 4,22 milliards de revenus, pour lesquels il n’a payé que 973 millions à l’État fédéral, affichant un taux d’imposition ridicule de 0,98 %.

Pendant que la richesse se concentre toujours plus, la majorité de la population se débat pour boucler ses fins de mois. Le prix des carburants a explosé et, à leur suite, ceux des biens indispensables (nourriture, loyer, etc.) : l’inflation des douze derniers mois a atteint 3,7 %. Plus de 40 millions de personnes survivent grâce à des bons alimentaires.

Le taux de chômage des femmes noires a fortement augmenté : il est le double de celui de l’ensemble de la population active. Plus que d’autres, elles ont subi les suppressions d’emplois administratifs dans le secteur public, ce qui est dramatique pour les familles dont elles sont bien souvent le seul pilier.

Dans ce contexte où l’impopularité de Trump semble avoir augmenté, les démocrates espèrent bien conquérir la majorité au Congrès. Mais ils sont tout autant, et peut-être plus impopulaires que Trump. Un récent sondage montre que 45 % des électeurs se déclarent « indépendants ».

En dehors de ces deux partis de la bourgeoisie américaine, les militants du Working Class Party, WCP ou parti de la classe travailleuse, présentent des candidats dans des scrutins locaux de quelques États. Ils défendent l’idée que la classe ouvrière doit construire son propre parti pour combattre le capitalisme.

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