États-Unis : mobilisations contre les data centers 23/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3034-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-09-23

Dans le monde

États-Unis : mobilisations contre les data centers

Aux États-Unis, les protestations contre la construction de data centers se multiplient. Dans plusieurs États, sur la côte est, dans le Midwest, au Texas, ou encore en Californie, des centaines de milliers d’habitants s’organisent.

Entre juin et août, quelque 220 nouveaux groupes locaux se sont ainsi constitués, s’ajoutant à des centaines d’autres qui, ici et là, s’organisent. Un sondage indique que deux tiers des Américains s’opposent à une construction près de chez eux.

Les data centers ne sont pas nouveaux, certains remontent aux années 1990 et aux débuts d’Internet, mais ils se multiplient maintenant au rythme du développement de l’intelligence artificielle (IA). À travers le pays, il y aurait aujourd’hui environ 2 600 data centers, dont la construction est dopée par l’afflux de centaines de milliards de dollars de capitaux vers l’IA. Les notables locaux plaident souvent pour la construction de ces centres de stockage de données, qui drainent des rentrées fiscales. Ils mettent aussi en avant les emplois créés par leur construction puis par leur fonctionnement. Mais les habitants voient d’autres conséquences : ces équipements demandent des quantités colossales d’électricité et d’eau. Quelque 20 % des data centers utilisent des cours d’eau dont le niveau est déjà trop bas. Pour fonctionner, il leur faut souvent des centrales électriques, qui elles-mêmes ont besoin de grandes quantités d’eau. Un data center de taille moyenne consomme 1,1 million de litres d’eau par jour, autant qu’il en faut pour un quartier d’un millier de foyers. Aujourd’hui, les data centers représentent environ 6 % de la consommation électrique totale des États-Unis, et 2 % au niveau mondial, une part qui ne cesse d’augmenter. Le data center de 11 hectares que Microsoft a fait construire à Mount Pleasant, dans le Wisconsin, et que l’entreprise présente comme le plus grand au monde, devrait consommer l’équivalent de la production de trois ou quatre réacteurs nucléaires, plus que toute la ville de Los Angeles.

Dans son édition du 14 septembre, le journal trotskyste The Spark rapporte comment, lors d’une réunion organisée par l’université du Michigan sur son projet de construction d’un data center à Ypsilanti, dans cet État, des dizaines d’habitants se sont rassemblés pour protester. Si l’université parlait initialement d’« équipement informatique de haute performance », censé aider la recherche contre le cancer, la démence sénile, la maladie d’Alzheimer, il s’avère qu’elle compte en réalité l’utiliser en collaboration avec le Laboratoire national de Los Alamos, connu pour ses recherches sur les armes nucléaires.

Le data center devait être construit sur 8 hectares de terrain, il est maintenant question de 58 hectares. L’université du Michigan est riche, mais le quartier où elle veut construire son centre est plutôt pauvre, et les habitants redoutent que leurs ressources en eau soient menacées, que les tarifs de l’électricité augmentent, que les nuisances sonores se multiplient et que la valeur de leur logement diminue en conséquence.

Ces habitants ont manifesté avec ceux d’une ville voisine, Van Buren, où Google veut aussi construire son data center. Ils ne s’opposent pas au progrès technique, mais au fait qu’en son nom, des entreprises ou des institutions dégradent leurs conditions d’existence et mettent en péril leurs ressources, pour le profit ou pour l’armée.

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