États-Unis : Trump reçoit une claque électorale 04/11/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/11/une_3040-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-11-04

Dans le monde

États-Unis : Trump reçoit une claque électorale

Les élections de mi-mandat (midterms) ont donné lieu à une défaite cinglante du camp républicain, celui du président Trump. Son parti perd sa majorité au Sénat et à la Chambre des représentants, qui constituent le Congrès fédéral des États-Unis.

L’ampleur du recul est telle que Trump semble avoir renoncé à contester le résultat des élections, bien qu’il prétende que si elles s’étaient faites sur son nom il aurait gagné. Pourtant, il s’est investi dans cette campagne appelant les électeurs à voter républicain comme si c’était un vote pour Trump. C’est bien sa politique, celle qu’il a menée depuis deux ans à la Maison Blanche, qui a été sanctionnée dans les urnes, et donc les candidats républicains qui la soutenaient.

Il est fréquent que les midterms tournent au désavantage du président en place, victime d’usure lorsque les électeurs ressentent l’écart entre les promesses électorales et la réalité. Dans le cas de Trump l’usure s’est accélérée ces deux dernières années sous l’effet de l’augmentation importante des prix des carburants, de l’alimentation et du logement, qui a signifié une baisse de pouvoir d’achat pour les classes populaires et même une partie de la petite bourgeoisie.

L’inflation était déjà l’écueil sur lequel la démocrate Kamala Harris, prenant la succession de Biden, s’était cassé les dents en 2024, permettant à Trump de l’emporter en promettant des baisses de prix. À présent, c’est le président républicain qui est rendu responsable des augmentations imposées par les plus grandes entreprises américaines - les majors pétrolières, les géants de la tech, les constructeurs automobiles, etc.

Trump s’est rendu aussi impopulaire du fait de la brutalité de sa police qui chasse les immigrés, de son soutien à la terrible guerre que l’État israélien mène aux Palestiniens et par l’impasse guerrière dans laquelle il s’est lui-même enfoncé en attaquant l’Iran.

Des millions d’électeurs ont adressé une claque à Trump en ne se déplaçant pas aux urnes ou en votant pour les démocrates, qui pourtant bénéficient d’une cote de popularité très basse, 28 %, encore plus faible que celle de Trump à 35 %. Mais le système bipartite est tel que le rejet des républicains ne pouvait que profiter aux démocrates.

Ces derniers remportent ainsi des succès remarqués dans des États, le Texas, le Kansas, la Caroline du Sud, où le vote républicain était majoritaire depuis longtemps, sans que cela signifie nécessairement que les électeurs se tournent vers les idées de gauche. Il est vrai que certains démocrates, élus ou réélus, dénoncent l’enrichissement démesuré des milliardaires et flirtent avec le terme « socialisme ».

Mais le rejet de Trump est tel que pratiquement n’importe quel candidat démocrate pouvait l’emporter dans ces élections, presque indépendamment de son profil politique. Ainsi Abdul El-Sayed, un médecin musulman, étiquetté progressiste, a gagné une élection sénatoriale disputée au Michigan, alors même que la démocrate qu’il avait battue lors de la primaire cet été soutenait le candidat républicain. Il est présenté comme particulièrement radical bien qu’il se dise partisan du capitalisme, parce qu’il dénonce les massacres à Gaza.

Pour le parti démocrate se pose la question du choix de son candidat pour l’élection présidentielle de 2028, où il devra ratisser le plus large possible et parier avant tout sur l’impopularité de Trump. Et si celui-ci perd le contrôle du Congrès et se retrouve obligé de composer dans une certaine mesure avec le parti démocrate, ce rééquilibrage politique ne résoudra pas la question de l’inflation et des salaires trop faibles, ni des catastrophes que l’impérialisme américain provoque dans le monde. Bien plus importantes seront les luttes, comme celle qui a mis la police de l’immigration ICE en échec à Minneapolis en début d’année, et celle pour la défense des intérêts fondamentaux de la classe ouvrière.

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