Euronaval : course au profit, course au tonnage 28/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3039-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg 2026-10-28

Dans le monde

Euronaval : course au profit, course au tonnage

Le salon Euronaval, festival international des fabricants et utilisateurs d’engins de mort maritimes, ouvrira le 3 novembre. Son promoteur, le groupement des industriels français du secteur, se réjouit déjà du nombre croissant d’exposants, de visiteurs et, probablement, de contrats signés.

D’après les commentateurs, la mode maritime et militaire serait aux drones, aux robots, à l’intelligence artificielle, au renseignement. Cela existe et constitue bien une part importante des plus de 670 exposants du salon. Mais, de même que dans une guerre il faut bien occuper le terrain à un moment donné, et donc envoyer l’infanterie comme on le voit en Ukraine, il faut le moyen d’écraser l’adversaire en mer et de couler sa flotte. On en revient donc, comme par le passé, à la course aux bateaux de plus en plus grands, de plus en plus puissants et, partant, de plus en plus chers.

En France, la construction d’un nouveau porte-avions coûtera au moins 12 milliards d’euros, pour un navire de 310 mètres de long, 80 000 tonnes de déplacement (le double du Charles-de-Gaulle), capable de naviguer à 30 nœuds (55 km heure). Un député, au moins, et tous les amiraux en réclament déjà un deuxième. Par ailleurs, le programme de construction de sous-marins nucléaires de troisième génération (quatre milliards pièce), et de frégates (la première, à un milliard d’euros, a commencé ses essais) se poursuit.

Aux États-Unis, dont le budget militaire représente la moitié des dépenses mondiales du secteur et qui possèdent les navires les plus puissants et les plus nombreux, Trump projette de lancer 20 cuirassés encore plus gros que ceux de la Deuxième Guerre mondiale.

Rheinmetall et TKMS construisent une nouvelle frégate pour la marine allemande, 180 mètres de long et 13 000 tonnes, la première d’une série de quatre, pour un coût total estimé de 6 milliards d’euros. Rheinmetall, champion de l’industrie de guerre, a racheté un chantier naval, conjointement avec le premier armateur mondial MSC. Comme toujours, la guerre soutient le commerce et réciproquement.

Alors que la Chine a lancé son troisième porte-avions, le Japon a décidé de se doter d’un tel navire et, de façon générale, de renforcer sa flotte. Les navires de guerre des différentes puissances sont d’ores et déjà face à face, non seulement sur la route du pétrole, mais aux abords de la Chine, dans le Pacifique, où de nouvelles bases maritimes sont en construction, dans la Baltique, en mer Noire. Les pays qui bordent le cercle polaire arctique se dotent de brise-glaces capables de frayer un chemin, non seulement à leurs navires de commerce, mais aussi à leurs flottes de combat, pour la maîtrise de la route du Nord.

La guerre a déjà commencé, des bateaux sont coulés et des pays bombardés, les exposants d’Euronaval, dont les « fleurons français » Naval Group, MBDA, Safran, Dassault, se frottent les mains. Demain il leur faudra d’autres bateaux et d’autres marins pour les manœuvrer dans d’autres combats meurtriers. Mais tout est prévu, la marine nationale recrute à Euronaval.

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