Franchises médicales : amputations programmées 26/08/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/08/P10-1_OK_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C1004%2C564_crop_detail.jpg 2026-08-26

Leur société

Franchises médicales : amputations programmées

Après avoir annoncé, au milieu de l’été, le doublement du plafond des franchises médicales et participations forfaitaires, la ministre recule… pour mieux amputer le budget santé des travailleurs.

Illustration - amputations programmées

L’augmentation du plafond du reste à charge –non remboursé par les complémentaires– de 100 euros à 200 euros aurait été « trop brutale », dit Stéphanie Rist, la ministre de la Santé. L’amputation se fera donc progressivement, à commencer par une augmentation de 40 % dudit plafond, qui passera à 140 euros au 1er octobre, si le projet de décret est adopté. L’explication que le ministère a trouvée a de quoi faire rire jaune : l’augmentation ne ferait que suivre l’inflation puisque le plafond avait été fixé en 2005. Mais l’inflation, les travailleurs l’ont déjà subie sur leur pouvoir d’achat pendant toutes ces années !

Au demeurant, l’attaque ne s’arrêtera pas là. Le projet de Stéphanie Rist et du gouvernement prévoit également la diminution du ticket modérateur sur les soins dentaires et les transports médicaux. Son remboursement par la Sécurité sociale passerait de 60 à 50 %, sur les dispositifs médicaux (de 55 à 50 %), et la prise en charge de certains médicaments déjà peu remboursés baisserait, même s’ils soulagent bien des patients. Ce volet-ci des attaques sur la santé se traduira aussi, si le gouvernement s’obstine, par une hausse des cotisations des complémentaires et mutuelles et, pour les 2,5 millions de personnes qui en sont dépourvues, par un renoncement aux soins. De plus, le plafond de 140 euros serait réévalué tous les ans ou tous les deux ans, ce qui promet de nouvelles hausses.

La ministre a beau prétendre que les malades ne perdront que quelques euros par mois, l’impact sur la santé des classes populaires est lourd. Combien doivent déjà fréquemment se résoudre à payer des dépassements d’honoraires, peu ou pas pris en charge par les complémentaires, ou à attendre des mois avant d’accéder à un rendez-vous moins coûteux ? Combien doivent se procurer un médicament sans ordonnance, faute de visite à un médecin ?

Comme le dénoncent les associations de patients, faire payer toujours plus les usagers est tout le contraire d’une politique de santé publique qui soit à leur service. Mais faire des économies sur la santé est bien à l’image d’une société où seule compte celle des profits capitalistes.

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