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Gaz : flambée des prix
Le 1er septembre, le prix repère du gaz a augmenté de 5,6 %. Et, au total, cet indice a augmenté de 24 % depuis le mois d’avril. Mais selon les experts du secteur, le plus dur est à venir.
Les prix du gaz dépendent des marchés mondiaux. Et le blocage du détroit d’Ormuz, à cause de la guerre menée par les États-Unis en Iran, en ralentissant voire en bloquant l’exportation de gaz des pays de cette région, a entraîné une pénurie dont ces augmentations seraient la conséquence. En réalité, il faut ajouter là aussi la spéculation qui s’enclenche chaque fois qu’une matière première vient à manquer sur les marchés mondiaux. Et cette spéculation accentue les hausses de prix, bien plus que les pénuries elles-mêmes.
C’est ce qui était arrivé en 2022 après l’offensive militaire de la Russie en Ukraine et les réductions de ses exportations de gaz vers l’Europe. Cette année-là, les prix du gaz avaient atteint des sommets. En France, pour les particuliers, le tarif réglementé avait augmenté de 25 %. Mais la hausse avait été de plus de 67 % pour ceux qui avaient un contrat avec un fournisseur de gaz dont le prix pouvait varier avec son prix de gros.
C’est en hiver, quand il faut chauffer les habitations et les lieux de travail, que les prix augmentent le plus. Or, cette année la situation s’annonce critique. D’abord parce que l’État a supprimé le tarif réglementé depuis 2023. Ce tarif n’empêchait pas les hausses, la preuve celle de 2022, mais il les limitait. Aujourd’hui, il reste des fournisseurs qui proposent des contrats où le tarif est supposé être fixe pendant deux ans. Or tout le monde n’a pas souscrit de tels contrats et rien ne dit que cet engagement tiendra.
Enfin, les réserves de gaz que les États stockent habituellement durant l’été sont au plus bas. Les prix du gaz, déjà élevés, risquent encore d’augmenter. La banque américaine Goldman Sachs annonce que les prix de gros du gaz pourraient encore augmenter de près de 50 %. Les pays d’Europe devront en effet faire monter leurs offres d’achat s’ils veulent détourner une partie du gaz venant du Proche-Orient destiné à l’Asie.
Tous ceux qui doivent se chauffer au gaz paieront, notamment les ménages les plus modestes. Ceux qui s’enrichiront seront les grands groupes fournisseurs d’hydrocarbures comme TotalEnergies.