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Gaza-Cisjordanie : guerre et nettoyage ethnique
Mardi 1er septembre, des avions israéliens ont tiré une dizaine de missiles dans une zone de la ville de Gaza où se trouvent de nombreuses familles déplacées, tuant quatre personnes, dont trois enfants.

Au total, plus de 1 300 Palestiniens ont trouvé la mort, victimes des bombes, des drones et des balles de l’armée israélienne, malgré le cessez-le-feu censé être en vigueur depuis octobre 2025.
Le plan de paix de Trump prévoyait un retrait progressif de Gaza de l’armée israélienne. Non seulement il n’en a rien été mais, à la mi-août, Netanyahou l’a catégoriquement exclu, prétextant que le Hamas n’a pas été désarmé. Mais, loin de contribuer à un quelconque désarmement, la politique de Netanyahou alimente la guerre. Le quotidien israélien Haaretz a publié le 27 août une enquête très documentée sur les milices palestiniennes créées à Gaza par l’armée israélienne et le service de sécurité, le Shin Beth. Ceux-ci fournissent à ces milices des armes, le soutien de l’artillerie et de drones pour s’attaquer au Hamas. Dirigées souvent par d’anciens chefs de gangs et trafiquants de drogue, elles rançonnent la population, pillent et brûlent des maisons et participent ainsi au nettoyage ethnique de l’enclave palestinienne. Comme le rapporte un soldat israélien, contraint d’accompagner ces miliciens dans leurs opérations : « Ils sont armés et entraînés pour commettre des crimes de guerre, et c’est moi qui dois les protéger pendant leurs opérations afin qu’ils ne soient pas blessés. »
D’après Haaretz, cinq groupes, comprenant des dizaines voire des centaines d’hommes, opèrent chacun dans une zone définie sous le contrôle de l’armée israélienne. Celle-ci leur a bâti des camps militaires, avec logements et magasins, le long de la « ligne jaune » qui délimite la partie occupée par Israël, représentant désormais 70 % de Gaza. L’ensemble des infrastructures édifiées par l’armée israélienne montre que celle-ci n’a aucunement l’intention d’évacuer le territoire.
Engagé dans la campagne pour les élections législatives prévues en octobre, alors que les sondages ne lui sont pas favorables, Netanyahou reprend plus que jamais à son compte les discours de l’extrême droite raciste et ultranationaliste, favorable à l’annexion des territoires occupés depuis 1967. Mardi 25 août, lors d’une réunion à Jerusalem de partisans de la colonisation de la Cisjordanie, le Premier ministre israélien a déclaré : « Vous réalisez la vision de la Terre d’Israël, et cette terre est la nôtre. Vous préparez le terrain pour une grande vague d’immigration qui arrivera. »
De leur côté, bénéficiant du soutien du sommet de l’État hébreu et de la complicité de son armée, les colons juifs de Cisjordanie, qui sont maintenant quelque 700 000, s’enhardissent toujours plus. Selon un rapport de l’ONG internationale Human Rights Watch, « la violence des colons a connu un pic en mars et avril 2026, avec des meurtres, y compris d’enfants, ainsi que des agressions, des violences sexuelles, des maltraitances physiques et psychologiques, des détentions arbitraires, des incendies criminels, des destructions de biens et des vols. » Ces violences des colons ne sont pas nouvelles, mais visent maintenant directement à provoquer le déplacement des populations palestiniennes. Il s’agit de terroriser les Palestiniens pour les faire fuir et s’emparer de leurs terres.
Depuis plusieurs semaines, une poignée de colons assiège le village de Qusra, proche de Naplouse, et a même fini par l’attaquer. Le fait que des journalistes ont couvert cet événement et que des équipes de l’AFP et de CNN ont été agressées a suscité de nombreuses réactions dans les capitales occidentales. Netanyahou lui-même a été obligé de prendre quelque distance, en feignant un désaccord. Ces protestations purement verbales ne seront évidemment suivies d’aucune mesure ni d’aucune sanction. Le génocide et le nettoyage ethnique se poursuivent en fait à Gaza et en Cisjordanie, avec la complicité plus ou moins ouverte et active des grandes puissances impérialistes.