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Les jeunes en lutte
Guyane : ça démarre
En Guyane, le mouvement des lycéens a démarré jeudi 1er octobre au lycée 4 Sonia-Francius de Saint-Laurent-du-Maroni.

Dans ce lycée, pourtant flambant neuf (il a ouvert à la rentrée... après deux ans de retard de travaux), les problèmes sont nombreux : emplois du temps surchargés, pas de locaux pour le sport et aucune possibilité pour les élèves qui ne peuvent rentrer chez eux de manger sur place à la pause méridienne.
Le lendemain, c’était au tour des lycéens de Bertène-Juminer, toujours à Saint-Laurent, de bloquer leur établissement. Ils dénoncent les bâtiments non climatisés, les ateliers où le matériel manque et les salles sans vidéoprojecteurs.
Ce n’est pas un hasard si c’est dans l’ouest que le mouvement a débuté. Dans ce secteur, les établissements sont surchargés et beaucoup sont vétustes. Bien des enseignants avaient déjà dénoncé le manque de moyens dans l’éducation. Mais on le constate en réalité dans toute la Guyane. Au cours des derniers mois, toutes les semaines ont vu une grève du personnel, enseignant ou autre, dans les établissements. Le mouvement lycéen est l’occasion de poser le problème au niveau général et non plus local.
Lundi 5 octobre, les lycées de Cayenne, Remire-Montjoly et Kourou ont été bloqués, mais la gendarmerie est intervenue très tôt, parfois même avant l’arrivée des élèves, pour tenter de tuer le mouvement dans l’œuf.
Au lycée Melkior-et- Garré de Cayenne, un bâtiment en travaux depuis un an menace de s’effondrer alors même qu’il y a encore des cours. Le préfet s’est déplacé avec un grand renfort de gendarmerie pour impressionner les élèves, mais cela a été peine perdue... « Il a préféré nous expliquer combien ça coûte de faire venir tous ces policiers, au lieu d’écouter les élèves », a dénoncé une lycéenne.
La mobilisation continuait à s’étendre mardi 6 octobre. La Guyane est dans un état de sous-développement et de délabrement inacceptable, pas seulement dans les établissements scolaires mais aussi pour ce qui est des hôpitaux, des logements, des routes, etc. Les fusées Ariane décollent au-dessus des bidonvilles !
Les jeunes montrent la voie et il est à souhaiter que la combativité gagne le reste de la population, ce que les autorités craignent manifestement.