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Dans le monde
Haïti : la loi des gangs
Les gangs armés qui ensanglantent Haïti et terrorisent la population ont ravagé la commune de Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août, au sud de la capitale Port-au-Prince.
Ils y ont assassiné 47 personnes et en ont enlevé d’autres. Une partie des habitants s’est enfuie pour échapper à cet enfer. Ces gangs s’affublant de divers noms, Chien méchant, Talibans, Terre noire, cherchent à s’assurer le contrôle des quartiers et s’affrontent en permanence pour y parvenir. La population pauvre le paye de son sang. En avril dernier, des affrontements pour le contrôle d’un poste de péage dans la Plaine Cul-de-sac ont fait plus d’une centaine de morts et des dizaines de maisons ont été incendiées. Un mois plus tard, des dizaines de personnes étaient tuées à Cité soleil, des femmes gardées en otage et violées. Quand ils ne tuent pas, ces gangs exigent des péages sur les nationales, occupent des postes d’électricité pour taxer les habitants ou se livrent à des kidnappings, en plus de toutes sortes de trafics qu’ils contrôlent.
Le gouvernement haïtien a annoncé qu’il allait envoyer des renforts. Il s’est pourtant avéré depuis longtemps que les nombreux corps de police étaient totalement impuissants face aux gangs, et ne se déchainaient que contre les manifestations ouvrières ou les petites vendeuses. Les hommes au pouvoir tentent juste pour leur part de maintenir la fiction d’un État dit normal pour servir une bourgeoisie guidée seulement par sa soif de richesses. Quant aux grandes puissances, au premier rang desquelles les États-Unis, elles s’accommodent de la situation.
Alors, comme le disent dans leur journal La Voix des travailleurs, nos camarades haïtiens de l’Organisation des travailleurs révolutionnaires (OTR-UCI) : « Pour que cela change dans les intérêts des masses exploitées, il faut contrer les gangs et les classes riches qui sont leurs commanditaires. Il faut que toutes celles et ceux qui se revendiquent de la classe ouvrière et des masses populaires créent un rapport de force qui leur soit favorable. C’est avec cette conscience de classe, de la détermination, de l’organisation que les exploités parviendront à se libérer. »