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Israël : la campagne anti-arabe de Netanyahou
Les élections législatives israéliennes du 27 octobre n’ayant pas donné de majorité de gouvernement, Netanyahou, en poste au moins jusqu’à une nouvelle désignation par le président Herzog, redouble de slogans racistes dans cette nouvelle phase de sa campagne.

Alors que la plupart des sondages le donnaient perdant, l’actuel Premier ministre a vu sa coalition arriver en tête, en nombre de sièges. Formée de son parti, le Likoud et des partis d’extrême droite de Smotrich et Ben Gvir, ainsi que des ultraorthodoxes du Shass (séfarade) et de Judaïsme unifié de la Torah (ashkénaze), sa coalition obtient 53 sièges. Il lui en faudrait 61, la moitié plus un des 120 députés, pour détenir la majorité à la Knesset, le Parlement israélien. Le bloc de l’opposition, constitué de quatre partis qui ont choisi comme tête de file l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, obtient quant à lui 48 sièges, et n’est pas plus à même de gouverner. Les partis en question, allant de la droite nationaliste d’Avidgor Lieberman, à celle dite centriste de Yaïr Lapid et Naftali Bennett, du parti Yashar, le parti d’Eisenkot, jusqu’à la gauche des Démocrates menés par Yaïr Golan, ont surtout en commun de vouloir chasser Netanyahou, et de le renvoyer à ses nombreuses casseroles judiciaires.
Ils ne visent aucunement à mettre fin à la guerre lancée par ce dernier après le 7 octobre 2023. Tout au plus lui reprochent-ils des « excès » dans la violence du massacre, comme dans son soutien aux colons d’extrême droite qui attaquent et expulsent les Palestiniens de Cisjordanie occupée. Quant à condamner la colonisation grandissante et les annexions, il n’en a jamais été question pour eux.
Si le scrutin a connu une forte participation, la surprise réside surtout dans le résultat des deux partis arabes, qui non seulement ont réussi à se maintenir malgré les tentatives de Netanyahou de les en empêcher, mais ont presque doublé le nombre de leurs sièges. Le parti conservateur Ra’am, qui se présente comme islamiste, obtient huit sièges et la Liste unifiée, rassemblant des partis de gauche laïcs, en obtient onze. Il y a eu une participation encore plus forte, de 80 %, des électeurs arabes israéliens, qui représentent 19 % de l’électorat du pays. Mais, selon certains témoignages, des électeurs juifs ont également apporté leur voix aux partis arabes, soit pour condamner la guerre menée par le pouvoir, soit pour marquer leur opposition à la loi de 2018 portant sur « Israël, État-nation du peuple juif », qui définit deux catégories de citoyens israéliens aux droits différents, les Juifs et ceux qui ne le sont pas. Un régime d’apartheid s’est installé au fil des gouvernements, dans les territoires occupés comme à l’intérieur des frontières d’Israël, poussé à l’extrême par Netanyahou et sa bande.
Depuis les résultats électoraux, ce dernier joue à fond la carte anti-arabe, son slogan « La droite ou la Palestine » est destiné à peser sur la formation d’une coalition plus large autour du Likoud, comprenant « tout parti qui ne soutient pas le terrorisme », ce qui veut dire pour lui l’exclusion des partis arabes. Mais, de son côté, l’opposition dans sa majorité – hormis les Démocrates – refuse toute alliance avec ceux-ci. Plusieurs milliers de manifestants, à Tel-Aviv et dans d’autres villes, ont pourtant défilé pour qu’une telle alliance permette de former un gouvernement derrière Eisenkot.
Le président Herzog devait commencer à recevoir les partis pour désigner un de leurs dirigeants qui, à partir du 11 novembre, devrait former une majorité dans un délai de 28 jours, renouvelables en partie. Faute de solution, un autre candidat Premier ministre serait nommé, lui aussi avec la mission de former une majorité de gouvernement dans les mêmes délais. Si le résultat est à nouveau négatif, un retour aux urnes est prévu sous trois mois. Quoi qu’il en soit, pendant ce temps, la guerre est toujours à l’ordre du jour, à Gaza, en Cisjordanie et dans une bonne partie de la région. Et elle est d’autant plus menaçante qu’elle constitue un argument de vente pour le bourreau Netanyahou, fort du soutien de son ami Trump, et des puissances occidentales complices.