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- Lutte ouvrière n°3039
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Les jeunes en lutte
Justice de classe

Après les manifestations du 17 octobre, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, fanfaronnait devant les micros pour exiger des tribunaux qu’ils soient implacables avec les quelque 2 700 gardés à vue arrêtés.
Comme il fallait bien qu’il se distingue au milieu du concert réactionnaire, Darmanin a annoncé une mesure inédite. Il s’agirait de prévenir l’employeur d’un salarié attrapé par la police, pour une sanction disciplinaire en plus d’une éventuelle condamnation par un tribunal.
Cette démangeaison d’un ministre de la Justice de priver de son gagne-pain un travailleur, ou de le faire mettre sur liste noire par son employeur, est caractéristique des poussées d’urticaire chez les serviteurs du patronat lorsque les opprimés relèvent la tête.
Dès le 20 octobre ont défilé devant le tribunal correctionnel à Paris un travailleur de 38 ans intérimaire dans le bâtiment, père de cinq enfants, pris par la police avec une paire de baskets avec encore leur antivol et un pull Louis- Vuitton, un cariste d’Amazon de 34 ans, père de deux enfants, qui essayait un pull de la même marque, un employé d’Emmaüs, un livreur, un chômeur, etc. La double peine s’est appliquée immédiatement à ceux qui ne sont pas français. En plus de la peine prononcée, l’ordre de quitter le territoire était systématique. Les procès à la chaîne n’ont pas permis de démasquer ni ce complot de l’ultragauche que le gouvernement voit partout, ni même les prétendus professionnels du pillage et du saccage.
Les 2 700 arrestations n’ont abouti qu’à un millier de défèrements et 217 condamnations, tant les gardes à vue reposaient sur pas grand-chose. Mais la mission de la police contre le mouvement actuel est d’abord de faire du chiffre, de remplir les commissariats pour effrayer et dissuader.