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Dans les entreprises
Nos lecteurs écrivent : Quand on travaille pour Sodexo…

Cela fait plusieurs années que je travaille pour Sodexo, en cuisine, dans des structures médico-sociales. Dès mon premier jour de travail sur mon site actuel, j’ai découvert que je ne devais pas être juste cuisinière, mais aussi faire la plonge pour 90 résidents… et cela, seule !
Mon quotidien a ainsi été rythmé par une course entre la vaisselle de la veille et celle du midi, en n’oubliant pas les chariots à livrer sur chaque point de restauration du site ni les palettes à décharger en me cassant le dos. Et cela, sans parler des préparatifs normaux en cuisine.
Il y a quelque temps, je me suis retrouvée avec une « promotion » me rendant responsable de site, ce qui rajoute de la pression, même si la plonge se fait désormais à deux. Je dois concevoir des menus adaptés aux résidents et souvent former des collègues intérimaires tout en rendant des comptes aux chefs. Et le nombre de convives a augmenté. Ce qui permet de tenir lorsque nous sommes débordés est la solidarité des collègues de la structure, qui acheminent eux-mêmes des chariots, coupent le pain voire m’aident parfois à la plonge, même s’ils ne sont pas payés pour ça.
Il y a un mois, Sodexo a annoncé la suppression de 1 097 emplois en France. Cela concerne surtout les prisons, l’armée et le scolaire. Mais cela touche également le secteur médico-social : en effet, la direction de Sodexo cherche à limiter au maximum l’intérim et les remplacements. Elle nous demande de soutenir son plan de licenciements. Elle s’est mise à gérer les remplacements via une plateforme, mais beaucoup de ces collègues ne sont pas formés aux particularités du secteur.
Pour moi, cela signifie des pauses déjeuner désormais presque impossibles à prendre. Cerise sur le gâteau, je me vois proposer des formations sur le bien-être au travail ! Voilà à quoi aboutit la politique de sous-effectif de Sodexo, qui a le culot de se dire embêté par l’augmentation des accidents de travail ou des arrêts maladie ! Ses actionnaires se paient littéralement leurs dividendes en hausse sur le dos cassé des travailleurs ! Cuisiner est un beau métier, mais à quel prix ?