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- Lutte ouvrière n°3039
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Les jeunes en lutte
L’extrême droite à l’œuvre
Le 24 octobre, dans plus d’une quinzaine de villes, des militants d’extrême droite identitaire ont défilé en cortège, patrouillé dans les rues sous prétexte de « défendre les commerçants » et attaqué des manifestants en bénéficiant souvent de la bienveillance de la police.
À Lyon, le 19 octobre, alors que le centre-ville était placé sous couvre-feu, des militants d’extrême droite se sont invités au rassemblement organisé par le préfet en soutien aux commerçants vandalisés le 17 octobre. Ils ont ensuite défilé dans les rues du centre en faisant des saluts nazis. Dans la même ville, le 24 octobre, d’autres ou les mêmes ont défilé dans la zone interdite par la préfecture sans que la police intervienne alors qu’elle gazait allègrement les manifestants pourtant à l’extérieur de cette zone. Des jeunes et des travailleurs mobilisés ce jour-là ont bien noté cette différence d’attitude du bras armé de l’État.
À Rouen, Lille, Montpellier, Dijon et ailleurs, des militants identitaires, munis de cagoules et porteurs d’un brassard blanc, ont frappé des manifestants ou lancé des projectiles contre eux, devant les forces de l’ordre voire en se repliant ensuite derrière elles. À Nancy, le maire a dénoncé les « dizaines de militants de l’ultradroite [qui] ont sévi hier ». Dans plusieurs villes, les maires de gauche ont protesté contre la passivité, ou plutôt la complicité, de la police vis-à-vis de ces groupes organisés d’extrême droite. Ils en appellent au « respect des valeurs de la République ». Si on peut comprendre leur indignation, il n’y a pas à s’étonner de la complicité de toute une fraction de la police vis-à- vis de ces néonazis. Comme l’épisode de Carcassonne l’a illustré, de nombreux policiers partagent les mêmes idées xénophobes et la même hostilité envers ceux qui contestent l’ordre établi.
Ces militants fascisants, renforcés par la montée électorale du RN, sont justement enhardis par le soutien de plus en plus ouvert qu’ils trouvent au sein de la police. Ils ont profité de l’ambiance répressive et autoritaire entretenue par le gouvernement tout au long de cette semaine pour avancer leurs pions, s’entraîner et banaliser de telles actions. Pour s’en prémunir, les manifestants ne pourront certainement pas compter sur les lois et les institutions de la république mais sur la mise en place de leur propre service d’ordre et sur l’extension de la mobilisation à l’ensemble des travailleurs.