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- Lutte ouvrière n°3036
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Les jeunes en lutte
Loi “casseurs-payeurs” : pour faire payer les manifestants !
Face à la contestation grandissante dans la jeunesse, le gouvernement accélère la discussion de son projet de loi « casseurs- payeurs », désormais inscrit à l’ordre du jour du Sénat courant octobre.

Les ministres se relayent sur les plateaux de télévision et devant les micros pour dire leur indignation. Ce ne sont pas les élèves entassés dans des classes trop petites, les internats décrépits ou les heures de cours perdues faute de professeurs qui leur font pousser des hauts cris. Non, ce qui les préoccupe est que la loi n’autorise pas encore à faire payer aux manifestants le fait d’avoir voulu manifester.
En effet, aux yeux de Lecornu, la loi anticasseurs d’août 2019, si elle permet de s’attaquer au droit de manifester par différents moyens, ne fait pas assez payer les supposés casseurs. Le gouvernement prévoit donc d’infliger une amende allant jusqu’à 10 000 euros à toute personne jugée proche d’un groupe ayant commis des dégradations, sans qu’il soit nécessaire de prouver qu’elle en est elle-même l’autrice. C’est tout l’inverse de la loi sur la présomption de légitime défense des forces de police, surnommée « permis de tuer », adoptée en juillet dernier. Aux policiers à la gâchette facile la présomption d’innocence, aux manifestants la présomption de culpabilité ! Pour couronner ce pas répressif supplémentaire, le gouvernement veut pouvoir prélever sur les allocations familiales ou l’aide au logement le montant des dommages réclamés.
Pour justifier ces mesures anti-pauvres et anti-manifestants, le gouvernement dit qu’il serait insupportable que toute la population paye les dégâts occasionnés par les « casseurs ». Mais c’est sa politique au service du grand patronat qui dégrade massivement les conditions de vie de millions de familles populaires. Les dirigeants, responsables de la casse des emplois, de la casse des services utiles à la population, de la casse de l’avenir de toute une partie de la jeunesse ne se considèrent comme responsables de rien, mais veulent ainsi faire taire ceux qui se dressent contre leur politique. De quoi redonner du carburant à la révolte des jeunes et, espérons-le, de leurs parents !