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- Lutte ouvrière n°3037
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Les jeunes en lutte
Lycée Camille Claudel – Mantes-la-Ville : à l’école de la bricole et du mépris
Au lycée professionnel Camille Claudel de Mantes-la-Ville, en lointaine banlieue parisienne, les élèves se mobilisent contre les conditions indignes dans lesquelles ils étudient.

Entre juin et juillet, des travaux ont eu lieu qui ont arraché les câbles électriques, téléphoniques et internet. Depuis la rentrée, c’est le règne de la bricole : les salariés de la vie scolaire doivent utiliser leur portable personnel pour appeler les parents et les tenir informés. Dans un lycée où le numérique était censé être « innovant », le wifi n’est pas accessible, notamment le réseau « élèves », par crainte de surcharger le réseau.
Le constat est le même en ce qui concerne les possibilités de faire cours : de nombreuses salles ne sont toujours pas fonctionnelles et il en manque. Il arrive donc que les enseignants et leurs élèves errent dans les couloirs avant de trouver refuge au foyer des élèves ou en salle de permanence, sans outils numériques bien sûr. Face au délabrement du lycée, les travailleurs qui s’occupent de l’entretien des locaux doivent faire toujours plus avec moins : il n’y a même pas un aspirateur pour travailler !
Autant dire que les élèves avaient bien des raisons d’entrer dans le mouvement de grève lycéen. À partir du 29 septembre, ils ont organisé le blocage du lycée. Ils réclament les salles, les équipements et les enseignants qui leur manquent. La direction, étalant son mépris, a envoyé un mail aux parents : « Je m’étonne de voir qu’autant d’élèves ont été aujourd’hui capables d’arriver une heure avant le début des cours pour participer à ces émeutes, alors qu’habituellement nous enregistrons un nombre important de retards souvent justifiés par les parents. (…) Les parents vont être convoqués, des sanctions disciplinaires, financières et pénales sont en cours pour mise en danger d’autrui et dégradations d’établissement scolaire. Élèves et parents en assumeront les conséquences .»
La direction menace les élèves et leurs parents, tout en demandant aux enseignants de les dénoncer, en traquant sur les réseaux sociaux d’éventuelles images de dégradation. La meilleure réponse à lui apporter est de rejoindre les jeunes qui réclament plus de moyens pour l’éducation.