Mélenchon : qui imposera les promesses ? 26/08/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/08/une_3030-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-08-26

Leur société

Mélenchon : qui imposera les promesses ?

Alors que l’immense majorité des candidats à la présidentielle promettent du sang et des larmes sous prétexte de « redresser la France », Jean-Luc Mélenchon affirme qu’il va taxer les riches, supprimer une partie de la dette de l’État et mettre en place une planification écologique.

Le 23 août, à l’université d’été de LFI, il a consacré l’essentiel de son discours aux questions de l’écologie et du réchauffement climatique qui ouvrirait « une ère nouvelle de la civilisation humaine ». La présence de dirigeants du parti écologiste, qu’il tente de rallier à sa candidature, a sans doute autant pesé dans ce discours que les canicules, incendies géants, sécheresses et autres catastrophes qui ont marqué l’été et qui vont être, sans conteste, de plus en plus fréquentes et dramatiques.

Mélenchon a réaffirmé qu’il voulait faire payer « un impôt aux dizaines de milliers de grandes fortunes », qu’il entendait « taxer les superprofits » et qu’il voulait « mettre au congélateur les dettes des États ». Mathilde Panot, la cheffe des députés LFI, a confirmé qu’il fallait « interdire les milliardaires » en augmentant les taxes et les impôts sur les grandes fortunes et les hauts patrimoines.

Les mots utilisés sonnent radicaux. Ils semblent vouloir s’en prendre aux profits éhontés accumulés par les grands groupes capitalistes et aux dizaines de milliards d’euros que les banques pompent chaque année en tant qu’intérêts de la dette. Mais le contraste est saisissant entre cette dictature du capital et les mesures dérisoires que propose LFI. Impôt sur les grandes fortunes, taxe de type Zucman, augmentation du nombre de tranches d’impôts… tout cela existe depuis des décennies dans divers pays sans que cela empêche les banquiers de dormir et les fortunes de s’accroître.

Mais la plus grande tromperie est ailleurs : Mélenchon et ses amis font comme s’il leur suffisait d’arriver au pouvoir et de promulguer des lois ou des mesures fiscales pour arracher leur pouvoir de nuisance aux capitalistes et aux banquiers.

Or, même si les lois qu’ils proposent étaient durcies ou appliquées de façon rigoureuse, qui empêchera la fraude ou l’exil fiscal ? Toute la haute administration de l’État est constituée de défenseurs des intérêts de la bourgeoisie, de hauts fonctionnaires qui naviguent du privé à l’administration. Sans l’intervention, le contrôle, la mobilisation des employés du rang des ministères, et celle des salariés, employés, comptables des groupes capitalistes, les riches et les actionnaires échapperont aux mesures énoncées. Or Mélenchon ne veut pas d’une intervention directe des travailleurs et de la population, il l’a plusieurs fois formulé.

C’est encore plus évident pour la dette. Il propose de geler 18 % de la dette française, la fraction qui est détenue par la Banque centrale européenne. Une telle mesure, qui a été appliquée par diverses banques centrales lors de la crise financière de 2008 et celle du Covid, épargne entièrement les détenteurs privés de la dette et les spéculateurs.

La seule fois où la dette d’un État a été réellement annulée, sans indemniser les créanciers, c’est quand les ouvriers et les paysans ont renversé l’État tsariste en Russie en 1917, puis ont exproprié l’ensemble des possédants. Pour annuler la dette, il faut une véritable révolution et pas « une révolution citoyenne dans les urnes ».

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