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- Lutte ouvrière n°3034
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Leur société
Plan Lecornu : 54 milliards à voler dans les poches populaires
Le « Plan de redressement » du budget présenté au conseil des ministres du 1er octobre prévoit une économie de 54 milliards d’euros qui sera entièrement à la charge des travailleurs en activité ou retraités, des locataires, des malades.
Le Parlement pourra ensuite discuter savamment si les retraités doivent être ponctionnés par un gel de leurs pensions ou par la suppression de l’abattement de 10 % sur leurs impôts. Selon le Premier ministre Lecornu, ils devraient se consoler en se disant qu’ils ne seront pas les seuls à être mis à contribution. C’est même une grande liste de restrictions qui est annoncée, avec comme point commun de toucher les milieux populaires, d’un gel possible des APL à un rabotage envisagé des allocations familiales, d’un délai de carence imposé aux étrangers pour toucher certaines allocations, aux mesures déjà annoncées cet été contre la santé des travailleurs et pour taxer ceux en accident de travail ou en maladie professionnelle. L’énumération des attaques n’est peut-être pas terminée car il vient d’être question d’une baisse de 30 % du budget consacré à la prime de rentrée scolaire de l’an prochain.
Lecornu craint sans doute que son budget soit retoqué car il n’a pas de majorité. Une opposition plus sérieuse pourrait venir des 5,8 millions de travailleurs qui dépendent de l’État, travaillent dans une collectivité locale ou à l’hôpital public, auxquels il n’est promis aucune augmentation générale de salaires l’an prochain. Comme les travailleurs du secteur privé ne sont pas mieux lotis, tous sont en droit d’exiger une augmentation générale des salaires alors que les profits et les fortunes explosent. D’autant plus que l’État ne refuse rien au grand patronat quoi qu’il en coûte à son budget, au point de creuser encore le déficit malgré les sacrifices demandés à la population.
Au moment où le gouvernement détaille ces sacrifices, il annonce que la taxe instaurée en 2025 sur les profits des grandes entreprises, déjà une peccadille, va être ramenée de 7,5 à 5 milliards d’euros. Tout un symbole.