Le Porge : des discours sur les cendres 23/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3034-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-09-23

Leur société

Le Porge : des discours sur les cendres

Après le socialiste Olivier Faure, le candidat de droite David Lisnard et François Ruffin, Marine Le Pen était en déplacement jeudi 17 septembre au Porge, la commune de Gironde où ont brûlé près de 200 habitations cet été.

Surjouant l’émotion en permanence, Le Pen a dit avoir voulu, avec cette visite, « toucher le chagrin du doigt », pourvu que ce soit devant les caméras… Entourée d’une nuée de journalistes, elle a pu se mettre en scène pendant plusieurs heures devant des habitants sinistrés qui ont exprimé leur désarroi, mais son discours ne différait guère de celui de Lecornu et de Macron. Comme eux, elle a rendu hommage aux pompiers et en a appelé à la « solidarité nationale » pour aider les sinistrés. Comme Lecornu en août, elle a critiqué les délais trop longs pour délivrer les permis de construire et les assurances trop lentes à débloquer les fonds. Entre deux vidéos, Le Pen a donc surtout enfoncé des portes ouvertes. Il n’était bien sûr pas question pour elle de dénoncer les grandes entreprises, qui comme Total ou Exxon sont responsables du réchauffement climatique et font brûler la planète. C’est que le RN a une longue tradition climatosceptique, défendant sur ce terrain aussi les intérêts du grand patronat. Il n’était même pas question de promettre de réels investissements pour les pompiers. Le Pen a donné des gages au Medef, alors pas question pour elle de remettre en cause les dizaines de milliards consacrés à la production du Rafale au détriment des services publics.

Le lendemain, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, était à Bordeaux pour présider une cérémonie d’hommage aux deux sapeurs-pompiers morts en intervention le 21 juillet à Mérignac. Plusieurs centaines de personnes étaient là, partageant leur émotion, sans être dupes de l’opération politique du ministre de l’Intérieur. Bien des présents auraient voulu dénoncer le manque de matériel, les salaires insuffisants et exprimer leur solidarité avec les pompiers qui sont toujours en grève dans l’agglomération. Une des participantes a résumé : « Derrière les beaux discours, où sont les actes ? ».

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