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Dans les entreprises
La Poste : halte aux fermetures de bureaux !
La Poste envisage de fermer 441 bureaux de Poste, dont elle a remis la liste aux organisations syndicales. Ils seraient supprimés ou transformés en agences postales ou en points relais chez des commerçants.
Cela fait des années que La Poste restreint ses services aux usagers. Entre 2005 et 2025, elle a fermé 20 % de ses bureaux, au rythme de 344 par an. Bien souvent la fermeture est anticipée par une réduction des horaires, et quand La Poste prétend qu’elle maintient une présence, cela relève de la plus parfaite hypocrisie. Bien des opérations ne sont pas effectuées chez les commerçants, en particulier les opérations bancaires. Quant à l’alibi selon lequel toutes les opérations seraient effectuables par internet, il est du même acabit. Toute une partie de la population n’est pas familière avec les opérations en ligne et a un besoin vital du contact avec un être humain capable de lui donner des explications. Il faut donc en cas de fermeture se rendre à des dizaines de kilomètres, ce qui a un coût en particulier du fait de la hausse du prix des carburants
Les postiers sont tout autant victimes de cette politique. Lorsqu’un bureau ferme, ceux qui y travaillaient se voient proposer un autre poste, où bien souvent ils prennent la place d’un intérimaire ou d’un postier en CDD. Cela ne s’appelle pas des licenciements, mais c’est tout comme. Le nombre de postiers ne cesse de baisser, dans les villes importantes comme dans les campagnes, les départs en retraite n’étant pas remplacés. Ce n’est pas fini puisque La Poste prévoit de supprimer 30 000 emplois d’ici 2030 sur les 160 00 existant encore aujourd’hui. Cela se traduit par des tournées à rallonge pour ceux qui restent et des conditions de travail de plus en plus dures. Le courrier autrefois distribué tous les jours ne l’est plus aujourd’hui qu’un jour sur deux, l’absence d’un facteur peut se traduire pour les usagers par des boîtes à lettres vides pendant plusieurs semaines, la seule solution étant alors d’aller chercher eux-mêmes leurs lettres au Centre de distribution.
La Poste met en avant la baisse du trafic à cause d’internet, mais les protestations des usagers comme des maires des communes concernées montrent bien qu’il s’agit d’un alibi. La Poste veut simplement faire plus de profits et dépasser les 1,5 milliard d’euros de bénéfices réalisés en 2025. Les recettes pour y arriver sont les mêmes que dans n’importe quelle entreprise capitaliste, consistant à réduire les effectifs et à supprimer les services jugés non rentables, comme l’existence d’une partie des bureaux de Poste. Le fait que La Poste soit une entreprise à capitaux d’État n’y change rien, mais la résistance des postiers comme des usagers pourrait par contre y mettre le holà.