- Accueil
- Lutte ouvrière n°3032
- Prix alimentaires : la grande distribution se sucre
Leur société
Prix alimentaires : la grande distribution se sucre
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a appelé le 5 septembre les consommateurs à accepter une hausse des prix alimentaires.
Il s’agirait, selon ce grand patron, de soutenir l’agriculture alors que celle-ci a sévèrement pâti de la canicule cet été.
Il est certain que les conséquences de la crise climatique sont catastrophiques pour la production agricole. Les récoltes sont moins fournies, les fruits et légumes plus petits. Mais en laissant entendre qu’une hausse des prix serait un acte de solidarité avec les petits agriculteurs, Arnaud Rousseau se moque du monde. Lui-même affirme que, sur une boîte de haricots verts de 440 grammes vendue 2,50 euros, moins de 13 centimes seraient reversés aux agriculteurs, le reste étant réparti entre les autres acteurs de la chaîne, coopératives, transporteurs, industriels et distributeurs. Alors à qui profiterait une hausse des prix ? Eh bien, notamment, à des profiteurs comme lui : Arnaud Rousseau n’a rien d’un agriculteur ; il est à la tête, entre autres, du groupe Avril, qui se charge de transformer la production agricole en milliards de profits…
Parmi les profiteurs, il y a aussi toute la chaîne de distribution. En mai dernier, un rapport du Sénat pointait les marges des distributeurs, accusés de pratiques « prédatrices ». Selon ce rapport, sur 100 euros d’achats alimentaires, 8 vont aux agriculteurs, 14 aux industriels, 35 aux importations et 40 à la distribution. Même quand les distributeurs font des opérations dites à prix coûtant, c’est aux producteurs qu’ils imposent de baisser leurs prix, comme l’a rapporté la presse, après que l’opération promotionnelle de l’enseigne U sur les tomates a été annulée car les producteurs auraient vendu à perte.
Des milliers de capitalistes s’enrichissent du travail des agriculteurs. Avec la crise agricole, il est certain qu’ils chercheront à en faire supporter les conséquences aux agriculteurs, déjà étranglés, et aux consommateurs. En juillet, l’association Familles rurales a démontré que les prix des légumes frais ont déjà doublé en dix ans et augmenté de 10 % entre 2025 et 2026. Pour une famille de quatre personnes, le coût mensuel atteint en moyenne 162 euros, et peut grimper à 262 euros pour une consommation bio.
Dans cette société, les petits agriculteurs sont condamnés à la faillite, pressurés par toute la filière, et les familles populaires amenées à se serrer la ceinture. Ces intermédiaires qui s’engraissent sur les uns comme sur les autres ne méritent que d’être expropriés.