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Renault – Flins : la direction vise la fermeture
À l’usine de Flins, dans les Yvelines, en guise de vœux de rentrée, la direction du groupe Renault a annoncé le 31 août l’arrêt d’un projet d’investissement qu’elle avait beaucoup vanté.
La reconstruction du secteur de la cataphorèse, qui devait perpétuer la production de pièces automobiles dans cette usine, est abandonné.
Présenté par la direction locale comme pouvant assurer l’avenir de l’usine et des 2 000 travailleurs – 3 000 même d’ici à 2030, promettait-elle –, le projet est désormais à la poubelle. Au-delà des 150 travailleurs de la cataphorèse, tous ceux de l’emboutissage, de la tôlerie et du magasin de pièces de rechange sont directement menacés. Et ce ne sont pas les activités de recyclage, pompeusement baptisées « économie circulaire » par Renault, ni la présence des quelques start-up hébergées sur le site, qui pourront justifier aux yeux des patrons le maintien d’une grande usine à Flins.
Depuis la fin de la fabrication de la Zoe, en mars 2024, le discours de la direction n’a été qu’une suite de mensonges. Elle avait évoqué la possibilité de fabriquer une nouvelle voiture. Elle avait fait mousser la filiale Hyvia, censée produire des batteries à l’hydrogène, disparue en un clin d’œil. Elle s’est répandue en promesses d’emplois, alors que le plan triennal 2023 de 150 embauches n’est qu’à moitié réalisé. Un nouveau magasin de pièces de rechange devait remplacer l’ancien, et les ouvriers des secteurs de préparation des pièces auraient eu du travail pour les dix années suivantes…
Derrière ces discours, la réalité consiste en pressions permanentes pour accélérer la cadence au mépris des risques d’accidents, pour éviter d’avoir à fournir les outils ou équipements nécessaires, pour faire travailler malgré les températures insupportables. Vider autant que possible l’usine de ses salariés semble être le fond de la politique de la direction, tant les brimades, voire les sanctions pleuvent à la moindre occasion, parfois même suivies de licenciements réalisés en catimini.
L’inquiétude est donc générale dans l’usine. Nombre de ceux qui étaient tentés de croire aux mensonges de la direction sont à présent confrontés à la vérité des prix. A la tête de Renault, et même de l’usine de Flins, les patrons se gardent d’employer le mot « fermeture », tant ils craignent la réaction des premiers concernés, les 2 000 travailleuses et travailleurs dont l’emploi est menacé directement, ceux de la sous-traitance et les intérimaires.
Tous ces travailleurs ont enrichi Renault et ses actionnaires, tous ont fabriqué les confortables « résultats nets » dont les patrons s’enorgueillissent pour le premier semestre 2026, son « free cash flow » attendu d’un milliard d’euros, et davantage encore les milliards accumulés toutes ces années. Renault peut et devra payer pour qu’aucun, aucune, ne se retrouve sans rien, sans revenu, avec ses traites, ses dettes et ses dépenses en hausse. En nombre sur le site, entourés de camarades subissant les mêmes menaces, chez Renault comme non loin de là chez Stellantis à Poissy, ils doivent prendre les choses en main pour défendre leur droit à l’existence.