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Leur société
Rentrée scolaire : pénurie programmée
D’après les chiffres du ministre de l’Éducation nationale en cette rentrée scolaire, les absences de professeur seront marginales. Il est trop tôt pour vérifier la réalité de ses propos mais certaines décisions permettent d’en douter.
Le gouvernement se vante de créer 5 900 postes cette année dans l’Éducation, alors que 4 000 postes enseignants ont été supprimés dans le budget 2026 adopté en janvier. Mais, malgré l’augmentation des postes autres qu’enseignants, il manque par exemple des AESH, les personnels accompagnant les élèves en situation de handicap pendant leur temps scolaire. Le ministère a aussi prévu des cours à distance en cas d’absences de professeurs en collège, montrant ainsi qu’il ne pense pas les remplacements possibles.
En deux ans, 400 établissements scolaires ont fermé. D’ici à 2035, en suivant la logique du ministère sur la baisse démographique, 73 000 classes pourraient disparaître et donc des milliers d’établissements. Le ministère expérimente aussi la prévision de la carte scolaire sur trois ans. Les collectivités responsables des locaux pourront ainsi anticiper et éviter par exemple de rénover une école un an avant sa fermeture.
La baisse démographique est invoquée pour justifier les suppressions de postes d’enseignant et les fermetures d’établissement. D’après le gouvernement, la moyenne des effectifs par classe serait de 21 élèves mais, même en retenant cette moyenne, dans de nombreux établissements les classes primaires accueillent 27 ou 28 élèves, des classes de collège plus de 30 et, au lycée, 35.
La baisse démographique pourrait donc être une occasion d’améliorer la qualité des enseignements en réduisant les effectifs des classes. Mais elle sert d’argument pour une politique d’économies que le ministère tente de faire oublier en parlant plutôt de l’interdiction du téléphone portable dans les établissements scolaires.