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Leur société
Resto U : assez du sous-effectif !
Mardi 22 septembre, de très nombreux restaurants universitaires sont restés portes closes partout dans le pays. Les travailleurs étaient en grève pour dénoncer le manque de moyens face à l’explosion de leur charge de travail.
Depuis l’élargissement à tous les étudiants du repas à 1 euro, en mai dernier, la fréquentation des restaurants universitaires a grimpé en flèche sans que les moyens suivent. Du côté des salariés, en cuisine, au service ou en caisse, cela se traduit en surmenage, moins d’un mois après la rentrée. « On comprend que les étudiants ont besoin des repas à 1 euro pour faire face au coût de la vie. Avec nos salaires qui tournent autour du smic, autant dire que nous aussi, nous ne bouclons pas nos mois », témoigne un commis de cuisine du campus d’Amiens, qui ajoute : « On fait tout ce qu’on peut pour leur assurer des repas décents et des temps d’attente potables, mais c’est juste impossible. » Effectivement, là comme ailleurs, les étudiants doivent parfois faire une heure de queue pour manger, et doivent souvent choisir de sacrifier, soit le prochain cours, soit le repas.
Avec des centaines de repas supplémentaires à préparer et à servir, de nombreux resto U atteignent les limites de ce que peuvent supporter les travailleurs, mais aussi les installations sous- dimensionnées. Interrogé le 20 septembre, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a promis 143 millions d’euros pour 2027. Le gouvernement prétend ainsi financer le passage du prix du repas de 3,30 à 1 euro et permettre aux restaurants universitaires d’investir dans de nouveaux équipements. Quand bien même l’argent promis deviendrait réalité, il resterait insuffisant devant une fréquentation en hausse constante.
Les syndicats réclament la création immédiate d’au moins 500 postes, en plus des investissements en matériel, équipements, locaux et logistique. « Ils peinent à recruter vu le niveau des salaires », constatait une travailleuse du Crous, ce qui en faisait une raison supplémentaire de se joindre à la grève du 29 septembre pour réclamer l’augmentation des salaires.