Russie : après l’élection, la mobilisation ? 26/08/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/08/une_3030-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-08-26

Dans le monde

Russie : après l’élection, la mobilisation ?

En Russie, il se pourrait qu’une fois passé le scrutin législatif des 18-20 septembre, le Kremlin lance une nouvelle mobilisation. Il lui faudrait au bas mot 300 000 soldats supplémentaires.

La mesure n’a bien sûr pas été annoncée, fin août, au congrès de Russie unie, le parti de Poutine, qui lançait en fanfare sa campagne dans un scrutin sans réel enjeu. En effet, il n’offre de choix qu’entre Russie unie et des formations qui font de la figuration, le Kremlin ayant écarté tout parti tant soit peu critique.

Cela étant, les discours au congrès de Poutine et de Medvedev, le président de Russie unie, ont donné le ton. Non pas électoral mais martial, il annonce que le régime va encore durcir sa poigne.

Le président russe a réclamé « l’unité absolue entre le front et l’arrière ». Tout le monde doit comprendre, par exemple, que réclamer une amélioration de ses conditions de salaire ou de travail – travailler 12 heures, six jours sur sept, n’a rien de rare en usine – porte atteinte aux intérêts supérieurs de la patrie. Poutine vise là ceux, de plus en plus nombreux, qui savent ce que la « victoire en Ukraine », promise au congrès, coûte en sacrifices matériels et humains. Au front, mais aussi à l’arrière, où l’on voit chaque jour des entrepôts, des raffineries, des usines, frappés par des drones ukrainiens, s’effondrer en flammes sur ceux qui y travaillent ou qui vivent à proximité.

Medvedev, en tant que vice-président du Conseil de sécurité, a vitupéré « tous les lâches » et les « ennemis de la société » qui, pour échapper à la mobilisation « partielle » de septembre 2022, ont fui à l’étranger. À l’époque, cela rendait le pays « plus fort et plus propre », disait-il. Aujourd’hui, il réclame qu’on traite ces « déserteurs » en « ennemis publics », qu’on confisque leurs biens et qu’on leur interdise de revenir en Russie.

S’il enrage contre le million de Russes, souvent des jeunes diplômés, qui ont alors quitté le pays, il menace surtout clairement ceux qui voudraient les imiter, par crainte que la mobilisation devienne réalité après les législatives.

Qu’il y ait de nouveaux départs à l’étranger ne ferait certes pas les affaires de Poutine et de ses généraux, toujours en mal de chair à canon. Mais il n’en reste pas moins que c’est sur place que les classes populaires, en Russie comme en Ukraine, auraient la force, les moyens de mettre fin à une guerre fratricide dont elles ne voulaient pas et qu’elles paient de leur sang. Cela, elles ne pourront le faire qu’en se retournant contre leurs propres exploiteurs et en renversant le régime qui les sert.

Partager