Thales – Vélizy : des empoisonneurs 23/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3034-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-09-23

Dans les entreprises

Thales – Vélizy : des empoisonneurs

À Thales, à Vélizy dans les Yvelines, site de production de composants électroniques pour l’armement et le civil, un produit servant aux traitements de surface et réputé très dangereux, le tetra- osmium, était utilisé sans précaution.

Dans le secteur concerné des cathodes travaillent une quinzaine de salariés, et au moins autant passent occasionnellement.

Avant la période des congés d’été, il y a eu une première réaction. Les travailleurs de l’atelier ont alerté le CSSCT en exigeant qu’il y ait des relevés de contamination et qu’immédiatement des mesures de protection soient prises, notamment la fourniture d’équipements de protection individuelle adaptés. Sous cette pression, la direction a fait faire des analyses.

À la rentrée, en septembre, rien n’avait changé. Les travailleurs de l’atelier ont cherché à obtenir des informations auprès des syndicats qui n’en avaient pas plus qu’eux. Puis, ils ont demandé à la direction qui a répondu qu’elle n’avait pas encore les résultats. Mais deux jours plus tard, le secteur de l’atelier incriminé était consigné et les activités dans cette zone arrêtées.

Cela a évidemment inquiété. En se renseignant à nouveau, les travailleurs ont appris qu’en fait, les résultats des analyses étaient arrivés depuis plusieurs jours, voire semaines. Tout l’atelier s’est réuni avec un sentiment unanime : « Ils nous ont laissé travailler avec ces produits dangereux sans protection », « ils nous ont pris pour des imbéciles ».

Tous sont allés voir le directeur du site qui a dû organiser une réunion sur le champ. Il a dû avouer qu’il avait donné l’ordre de cacher les résultats des analyses car, selon lui, ils étaient « très mauvais », prétextant qu’il n’était pas certain que « les prélèvements avaient été faits correctement » ! Et de dire qu’il contestait ces résultats, raison pour laquelle il ne les avait pas rendus publics. Un peu plus tard, le directeur des ressources humaines a même dit que ces résultats « ne devaient pas sortir du site ».

L’affaire est en cours, mais les travailleurs de l’atelier ne vont pas en rester là. Il est évident pour tous que la direction a menti. La confiance envers elle n’était déjà pas grande, c’est plus que confirmé.

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