Ukraine-Europe : une “aide” mortelle 07/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3036-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-10-07

Dans le monde

Ukraine-Europe : une “aide” mortelle

Le chancelier allemand Friedrich Merz vient de se rendre à Kiev. Ce qui se voulait une « visite surprise » a été au contraire très organisé par ses propres services et ceux du président Zelensky.

La mise en scène a été soignée car Merz, affaibli politiquement chez lui, voulait redorer son image à l’étranger. Zelensky a donc fait accompagner sa visite par une musique d’ambiance : celle des sirènes d’alerte et des tirs de la défense aérienne.

Prenant la pose sur ce fond guerrier, Merz a dit apporter « tout notre soutien » à l’Ukraine. Et d’ajouter pour la presse que « nous ne nous laisserons pas intimider », pas même par « une attaque de drones survenant au moment même de notre visite ».

Se draper de courage quand on ne fait que passer est indécent, et même insultant pour les habitants de Kiev qui doivent vivre au rythme des bombardements quotidiens. Chaque nuit, ils se demandent combien d’heures ils dormiront avant que les sirènes ne hurlent, et si un drone ne va pas les frapper car, à la différence des Zelensky et compagnie, eux ne logent pas dans des bunkers tout confort.

La population ukrainienne, Merz s’en moque. Comme il y a peu Macron, il était à Kiev pour affaires. Et la brochette de chefs d’entreprise du secteur militaire allemand, dont Siemens Energy, Hensold, Diehl Defence, Quantum Systems, qui l’accompagnait a pu s’en féliciter. Prétendant aider Kiev, Merz a offert à ses industriels « un programme complet d’une valeur de plus de 1,3 milliard d’euros ». Cela va surtout de l’armement – production de drones antiaériens et de missiles pouvant frapper la Russie en profondeur – au soutien au secteur énergétique ukrainien. Dans ce cas, il s’agit d’un soutien à Siemens, qui joue au Bon Samaritain offrant, au prix fort, un manteau à l’Ukraine pour l’hiver, alors que l’armée russe a systématiquement détruit ses infrastructures fournissant de l’électricité et du chauffage.

Sur ce plan, les grandes puissances occidentales semblent se préoccuper des souffrances de la population ukrainienne. Non pas qu’elles découvriraient ce qu’elle endure, mais parce que ce terrain leur permet d’avancer leurs pions ou plutôt ceux de leurs groupes capitalistes. Dans le cas cité, plus que la prise de contrôle de ce qui reste du réseau énergétique ukrainien, cela concerne la signature d’énormes contrats d’équipements, qui enfoncent d’ailleurs encore plus les classes populaires ukrainiennes dans un gouffre de dettes dont elles ne pourront jamais se libérer.

Et il y a bien d’autres secteurs où leur situation est dramatique. Un responsable du géant minier et sidérurgique international Metinvest, un grand groupe privé ukrainien, vient d’annoncer que l’Ukraine, pour la première fois en un siècle, n’a pas produit une seule tonne d’acier sur l’année écoulée. La guerre a mis en effet hors service tous ses hauts fourneaux. Comme ce serait trop risqué financièrement pour eux, ni les groupes oligarchiques ukrainiens, ni le gouvernement de Zelensky, ni leurs soutiens de l’Union européenne (UE) ne veulent les remettre sur pied. Que leur importe si des dizaines de milliers d’ouvriers se retrouvent sans salaire et sans travail !

Un autre secteur sinistré est le transport ferroviaire. Faute de locomotives – la plupart ont été détruites par des drones –, il roule de moins en moins de trains, vient de reconnaître le ministre ukrainien des Transports. En plus des voyageurs, cela affecte grandement le transport de marchandises. De même, toujours à cause de la guerre, les rares navires qui atteignent les ports ukrainiens de la mer Noire ne peuvent ni y décharger des produits indispensables à l’économie qu’on ne pourra acheminer, ni y charger des marchandises à exporter qui ne peuvent y arriver par train. Ainsi, les céréales et autres produits agricoles, que l’Ukraine fait pousser sur ses terres très fertiles, restent stockées à quai où elles pourrissent. C’est au point que, selon le ministre de l’Agriculture, le pays, déjà amputé de terres que les combats et les mines rendent impropres à toute exploitation, envisage encore de réduire de 20 à 30 % ses surfaces agricoles l’an prochain. Avec tout ce que cela signifie comme aggravation du chômage, des pénuries alimentaires et, surtout pour les classes populaires, la hausse des prix des denrées de base, alors que les salaires, misérables, ne suivent absolument pas l’inflation.

Même quand Merz, Macron et autres jurent qu’ils veulent « associer » l’Ukraine à l’UE, l’hypocrisie reste de mise. Il n’est pas question, disent-ils, de l’y faire entrer pleinement. Pas question non plus de la laisser exporter vers l’UE ses productions agricoles par route, puisque c’est impossible par mer. Cela léserait les intérêts de grands groupes agroalimentaires occidentaux, et puis la Pologne et la Roumanie, membres de l’UE, ont redit y mettre leur veto.

De Paris à Berlin et Londres, les dirigeants du monde capitaliste peuvent clamer qu’ils « aident » l’Ukraine, on voit ce qu’il en est : le pays s’enfonce dans l’horreur et la population dans une misère sans fond, mais les puissances occidentales continueront à l’aider à tenir les armes qu’elles lui vendent. Cela, jusqu’au dernier Ukrainien capable de le faire. Pour le reste…

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