Urgences psychiatriques : patients sacrifiés 23/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3034-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-09-23

Leur société

Urgences psychiatriques : patients sacrifiés

Le 10 septembre, le rapport des services du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a été publié au Journal officiel.

Quinze services d’urgence d’hôpitaux de Paris et de la banlieue parisienne ont été visités pour évaluer l’accueil de malades psychiatriques.

Le rapport alerte d’abord sur l’augmentation du nombre de patients accueillis aux Urgences pour des troubles psychiatriques. Entre les premiers semestres 2025 et 2026, leur nombre est passé de 3 002 à 3 957.

Comme pour tous les patients, la durée d’attente aux Urgences devient vertigineuse, passant de 29 heures 45 à 39 heures 45 en moyenne. Un service a rapporté au CGLPL une attente de neuf jours pour un malade. Certains patients, confrontés aux délais d’attente, renoncent à toute consultation.

Des patients se retrouvent hospitalisés aux Urgences sans leur consentement, le CGLPL parlant de « rétention arbitraire ». Ceux jugés dangereux pour eux-mêmes ou pour les autres sont contentionnés, c’est-à-dire attachés à un brancard, pratique qui doit respecter un cadre légal difficile à garantir au regard de la situation des Urgences. En plus de la contention physique, la contention chimique est souvent administrée. « J’ai eu des patients dangereux qu’on n’a pas détachés pendant dix jours, sous neuroleptiques à des doses très fortes. On me demande de faire des choses que je ne sais pas faire. Je ne suis pas psychiatre », alarme le chef des Urgences d’un hôpital de banlieue.

Le rapport dénonce le fait que les mineurs de 16 à 18 ans peuvent connaître les mêmes traitements, et, faute de lits adaptés en pédopsychiatrie, sont orientés vers des unités psychiatriques pour adultes, ce qui est normalement interdit.

Dominique Simonot, directrice du CGLPL, est très claire dans ses conclusions : « il manque 30 à 40 % de soignants en psychiatrie ». Il manque aussi des lits aux Urgences. Le ministère de la Santé a accès aux conclusions de l’enquête depuis le 24 juillet. Rien ne se passe depuis, et rien ne se passera puisque pour le gouvernement, la seule urgence est de faire des milliards d’économie pour continuer à arroser les capitalistes d’argent public.

Partager