Après l'eau, le téléphone, la Poste... c'est le train qu'on privatise08/12/20062006Brèves/static/common/img/contenu-min.jpg

Brève

Après l'eau, le téléphone, la Poste... c'est le train qu'on privatise

Lorraine - Lundi 13 juin, le premier train de fret international de marchandises a transporté - en lieu et place de la SNCF et de la Deutsche Bahne - de la chaux de Dugny en Meuse vers les sites sidérurgiques de Sarre en Allemagne. Plusieurs centaines de manifestants étaient présents et les pouvoirs publics avaient dépêché 200 gendarmes mobiles. Le train n'a pu rouler que grâce aux grenades lacrymogènes tirées pour protéger ce premier fret privatisé. Un train aux couleurs de... Vivendi, ou plutôt une filiale d'une filiale : CFTA Cargo, filiale de la Connex - qui vient de s'illustrer par le licenciement du responsable de la CGT de la société des transports en commun de Nancy, la CGFTE.

La Connex a remporté l'appel d'offres lancé pour transporter la chaux : 10 millions d'euros vont tomber dans son escarcelle dans les 5 ans qui viennent. Il s'agit bien sûr d'un train rentable, qui va d'un point à un autre, sur lequel il n'y a que fort peu de travail. Elle prétend que les cheminots Connex sont autant payés que ceux de la SNCF. Peut-être, mais ils devront cotiser 42,5 années avant de partir en retraite, au lieu d'une fin d'activité à 50 ans pour les roulants SNCF, et ça change tout !

Faux cul, le président de la SNCF a affirmé "nous allons nous battre" pour garder les marchés. En fait, c'est la SNCF qui a vendu à la Connex la formation de ses roulants. La privatisation arrange bien la direction de la SNCF. Elle lui permet de faire pression sur tous les cheminots, leurs conditions de travail et l'emploi, en brandissant la menace de la concurrence. Un plan fret a été mis en place pour, comme dans le privé, "diminuer les coûts" : 3 000 emplois vont être supprimés dont près de 400 en Lorraine.

La privatisation du transport ferroviaire est en marche depuis des années, sous tous les gouvernements. En attendant, comme ils disent, une "libéralisation" complète dans les années à venir. "Libéralisation" c'est plus joli que "privatisation", ça fait moins penser à ce qui est arrivé aux chemins de fer anglais où elle s'est traduite par des accidents en série et des dizaines de morts.

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