Brève
ArcelorMittal ne veut pas priver ses actionnaires de dividendes
Metz - Dans le journal Le Parisien-Aujourd'hui, le directeur général d'ArcelorMittal France, Daniel Soury-Lavergne, a admis qu'il comprenait "l'aspect choquant qu'il y a à supprimer des emplois tout en continuant à verser de généreux dividendes aux actionnaires". Ce dernier a eu le front de dire que de nombreux salariés étaient actionnaires du groupe et "qu'on ne pouvait pas envisager de les priver de dividende".
C'est gentil de penser au salarié-actionnaire, mais c'est une véritable fumisterie. Cette année le groupe a proposé 2,5 millions d'actions aux 300 000 salariés en leur concédant une remise de 10 %, avec obligation de les conserver pendant au moins trois ans. Mais le groupe a distribué 8,5 millions d'actions gratuites, des stock-options, à quelques centaines de hauts responsables et en particulier aux plus hauts d'entre eux, Mittal père, fils et fille. Pour les détenteurs de quelques dizaines ou centaines de milliers de stock-options, les dividendes versés commencent à représenter des sommes confortables.
Et, surtout, la famille Mittal détient elle-même 43,02 % des parts du groupe, hors stock-options, et rafle donc près de la moitié des bénéfices. L'actionnaire qu'on ne "peut pas priver de dividende", c'est donc Mittal lui-même !