Brève
Coup de frein contre les pressions
Bouzonville - 90 % des 800 travailleurs de l'usine TRW de Bouzonville en Moselle ont fait grève deux jours les 20 et 21 novembre à l'appel de l'intersyndicale CGT-F0-CFDT-UNSA contre la dégradation des conditions de travail et les suppressions de postes. Ils demandaient également que deux directeurs particulièrement odieux ne soient plus en contact avec le personnel.
La direction a dû reculer. D'une part, elle a été contrainte de payer les deux jours de grève, d'autre part, elle s'est engagée à revoir l'organisation du travail, à réexaminer les sanctions prises cette année et elle a accepté l'éloignement des directeurs. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas demandé leur reste : ils ont démissionné le lendemain ! Autant dire que la grève a été payante et a fait reculer le stress dans l'usine.
TRW Automotive est un trust employant 60 000 personnes dans le monde qui, en prime, se paye le culot d'invoquer la concurrence étrangère et de menacer en permanence les travailleurs de Bouzonville d'une délocalisation à l'Est. Il vient de racheter à Northrop Grumman, son ancienne maison-mère, pour 209 millions de dollars les actions TRW encore détenues par Northrop. Une opération qui va rapporter à Northrop un joli bénéfice de 72 millions, une manière de vider les caisses de TRW en remplissant celles de Northrop pour ensuite se plaindre que "ça va mal".