Brève
Coup de sang contre les licenciements
Territoire de Belfort - À l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-CGC, la grève a démarré à l'usine Visteon de Rougegoutte dans le Territoire de Belfort lundi 23 octobre. Les travailleurs protestent contre le plan honteusement qualifié de "social" qui prévoit 108 licenciements sur les 420 que compte l'usine. Ils revendiquent des indemnités de licenciement dix fois supérieures à ce que proposait la direction, en particulier 75 000 € pour ceux qui ont plus de 14 ans d'ancienneté, et que les départs se fassent uniquement au volontariat.
Cette grève a provoqué la paralysie des chaînes de production de Peugeot à Mulhouse : l'usine produit pour PSA les tableaux de bord pour les C4 et les 307 montées à Mulhouse. Plus de tableaux de bord, plus de voitures ! Du coup, la direction poursuit neuf grévistes accusés de bloquer les camions au tribunal. En juin dernier, Peugeot avait déjà été bloqué par la grève de Visteon lors de l'annonce du plan de suppression d'emplois, et il y a quelques semaines, c'étaient les travailleurs licenciés de Dalphimétal à Cernay qui bloquaient à leur tour la production de l'usine.
Comme tous les sous-traitants, Visteon (50 000 salariés dans 24 pays et 170 usines) se dit dans une situation difficile. Mais ils ont bien du mal à émouvoir les travailleurs. Les experts mandatés dans le cadre du plan anti-social ont amplement démontré qu'il y avait de l'argent, sans parler de mouvements de fonds étranges avec des filiales en Hollande, et ailleurs, filiales dont personne n'avait jamais entendu parler. De plus, les bénéfices du groupe se sont élevés à 50 millions de dollars au second trimestre, qualifiés par la presse boursière de « solides résultats ». D'ailleurs le cours de l'action a augmenté de près de 25 % depuis le début de l'année. Alors qu'ils ne viennent pas pleurer sur leur sort !