Brève
Hébergement d'urgence : il faut réquisitionner les logements vides !
L'association mulhousienne « La Passerelle » a interpellé la mairie et la sous-préfecture sur la situation catastrophique de plusieurs familles avec enfants, couples, personnes isolées, malades, pour la plupart originaires du Kossovo et demandeurs d'asile, qui se réfugient dans la gare de Mulhouse jusqu'à ce que celle-ci ferme à 0h30, et y retournent quand elle rouvre à 3h30 du matin. Entre-temps, ces personnes passent la nuit à la rue, errent dans la ville à la recherche d'un endroit abrité, « sous les ponts ou dans une entrée de commerce ». En janvier, en 2015, dans un pays riche.
Les familles avec enfants obtiennent parfois un hébergement, mais les autres, peu importe qu'ils soient fragiles ou malades, sont simplement laissés à eux-mêmes. Le 115 est saturé, les restaurants sociaux aussi. « La Passerelle » réclame l'ouverture d'un abri de nuit, « pour préserver un morceau d'humanité ». Les associations font ce qu'elles peuvent mais leurs moyens sont limités et il y a véritablement urgence : il y a eu 250 nouveaux arrivants depuis mi-décembre.
La Fédération nationale des associations de réinsertion sociale indique qu'« il y a 5000 logements vides à Mulhouse, publics et privés confondus. ». Une solution simple existe donc : une décision élémentaire des pouvoirs publics, s'ils se souciaient des conditions de vie de la population, serait de réquisitionner ces logements. Mais il faudrait pour cela s'attaquer aux intérêts de la bourgeoisie.
L'accueil des réfugiés et demandeurs d'asile n'a jamais été une priorité de l'État et des collectivités locales. Le sort qui leur est infligé aujourd'hui est à l'image de tout ce système économique absurde.