Irresponsabilité privée et catastrophe publique07/10/20082008Brèves/static/common/img/contenu-min.jpg

Brève

Irresponsabilité privée et catastrophe publique

Epinal - 5 500 malades traités pour des cancers ont été surirradiés à l'hôpital d'Epinal dans les Vosges entre 1987 et 2006, vingt-quatre très gravement et cinq en en sont mortes. Un rapport de la Cour des comptes de Lorraine souligne que non seulement le service fonctionnait avec un seul médecin radiophysicien au lieu des deux, ce qui est légalement obligatoire, mais que, en plus, ce médecin travaillait en parallèle dans une clinique privée alors qu'il était "contractuel à temps plein de l'hôpital". Résultat : les patients recevaient des rayons contre leurs tumeurs sans médecin spécialiste, ce qui est bien sûr totalement interdit.

Ce scandale met en cause l'irresponsabilité de médecins qui cumulent les activités dans le public et le privé - et les revenus qui vont avec - avec la passivité, si ce n'est la complicité de l'administration. Le rapport de la Cour des comptes explique très clairement que "la plupart des praticiens exerçant une activité libérale à l'hôpital dépassent les limites fixées par la loi". Or dans le cadre de la radiothérapie d'Epinal, "aucun chiffre n'a pu être produit pour l'année 2002 au motif que la commission de l'activité libérale ne s'était pas réunie". Il faut dire que ladite commission était présidée par... le chef de service de radiothérapie !

L'Agence Régionale d'Hospitalisation (ARH) est également mise en cause pour n'avoir pas donné suite aux messages d'alerte. Mais que voulez-vous, les ARH sont tellement occupées à fermer les petits hôpitaux...

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