Brève
La direction recule vite
Strasbourg - BEI-Ideacod est une petite entreprise de 70 employés, dont 24 ouvriers. Elle fabrique des codeurs à Schiltigheim, près de Strasbourg. Récemment rachetée par Schneider Electric, ses bénéfices ont été multipliés par dix depuis l'année dernière : 950 000 euros de résultat net. Avec le sous-effectif, l'augmentation de la charge de travail et des salaires restant toujours bas, le mécontentement était profond.
Vendredi 20 octobre, un accident du travail avait lieu sur une presse. C'était le quatrième accident en quatre ans provoqué par cette machine. La direction continuait de faire travailler les ouvriers dessus, malgré le droit de retrait qu'avait fait valoir la CGT. Le lundi suivant, après discussions avec les militants CGT, une liste de revendications fut dressée, contenant notamment des augmentations de salaires, une prime de fin d'année, des embauches et un avenant aux 35 heures pour ne pas travailler les vendredis après-midi (seuls les cadres y avaient droit). Un débrayage fut organisé pour le mercredi et des tracts distribués.
Le mercredi suivant à 11 h, les trois quarts des ouvriers débrayèrent et se réunirent devant la porte de l'entreprise. Le directeur sortit rapidement, probablement encouragé par la présence dans l'entreprise d'un directeur financier de Schneider. Il annonça immédiatement deux embauches et le versement avancé d'une prime de 700 €. De plus, promesse fut faite devant les grévistes que l'avenant aux 35 h serait signé et que les augmentations de salaires décidées en janvier seraient valables rétroactivement à partir de novembre. Ainsi, en moins d'une heure, la direction a reculé sur quasiment toutes les revendications.