Brève
La mort de Thomas Bata
Metz - La presse a rendu hommage à Thomas Bata, décédé au Canada début septembre à près de 94 ans. Il fut jusqu'au début des années 2000 le patron de la multinationale Bata, le numéro un mondial de la chaussure, qui emploie toujours 40 000 travailleurs et possède 5 000 magasins, sans compter de nombreuses autres marques.
Thomas Bata était bien connu en Lorraine, du côté de Sarrebourg, où son père avait fait bâtir une usine au début des années 30, usine qui a contribué à la fortune du groupe et de la famille Bata avant que Thomas Bata ne décide de s'en débarrasser comme on jette un citron pressé. Plus de 850 travailleurs ont été licenciés début 2002, tout de suite pour la majorité d'entre eux, trois ans plus tard pour 250 autres après la comédie du repreneur payé par Bata pour amortir le choc des licenciements. Une fermeture préparée des années à l'avance, fabriquée, organisée pour que cela coûte le moins cher possible au groupe qui avait fait appel à un cabinet spécialisé pour organiser le massacre des emplois.
Interrogé peu après la fermeture par France 3, Thomas Bata avait osé affirmer avec morgue "ce sont les syndicats qui ont provoqué la fin de l'usine ! Les salariés ne voulaient plus travailler". Il fallait quand même oser ! A la fin de la cellule de reconversion, une petite centaine de travailleurs avaient retrouvé un CDI, la majorité n'ayant retrouvé que des petits boulots, l'intérim ou le chômage. Le fils de Thomas Bata qui dirige maintenant le groupe s'appelle également Thomas Bata. Il vit dans le canton de Vaud en Suisse à la tête d'une fortune estimée à 2,2 milliards d'euros. Les hommes passent, la puissance sociale de la bourgeoisie demeure.