Les de Wendel : une saga de 3 siècles d’exploiteurs08/12/20062006Brèves/static/common/img/contenu-min.jpg

Brève

Les de Wendel : une saga de 3 siècles d’exploiteurs

Hayange (Moselle) - Des manifestants de la CGT ont accueilli le baron Seillière mercredi 4 mai à Hayange. Il venait inaugurer une exposition vantant les mérites de la dynastie de Wendel dont il est le plus connu des héritiers. Une cinquantaine d'héritiers avaient également fait le déplacement à Hayange pour assister à une messe. Ils ont été accueilli par le maire socialiste d'Hayange, Philippe David, tout heureux d'évoquer le "grand honneur pour Hayange d'accueillir une telle exposition sur la Maison de Wendel". Selon l'Est républicain, Ernest-Antoine Seillière était "sur la même longueur d'onde". Touchante émotion commune d'un maire "socialiste" et du président du MEDEF !

L'exposition inaugurée à Hayange est toute entière consacrée à la gloire des de Wendel. Elle a été annoncée à grands renforts de publicité, le Républicain lorrain s'est même fendu d'un supplément de 8 pages en couleurs pour vanter une famille de Wendel, dont le nom rime avec chômage, licenciements et effondrements miniers en Lorraine.

Les de Wendel, ce sont 750 héritiers dont les affaires sont gérées par le plus connu d'entre eux, le baron Ernest Antoine Seillière, qui dirige Wendel Investissement. Comme depuis toujours, on préfère rester en famille ! Eh oui, la bourgeoisie, celle des grandes familles bourgeoises, existe toujours bel et bien. Les magazines font leurs unes sur les salaires des vedettes, des PDG patrons qui sont la plupart du temps des salariés, certes scandaleusement rémunérés, mais dont la richesse et le poids social sont sans commune mesure avec le poids social de ceux qui sont riches parce qu'ils possèdent. Ces fortunes-là ne sont jamais dénoncées dans ces magazines... qui leur appartiennent pour la plupart.

Les de Wendel, comme les grandes familles bourgeoises, les Peugeot, les Schneider, etc. sont un peu partout. Ils siègent dans de nombreux conseils d'administration, et, pour leur argent de poche, occupent parfois aussi des places de direction. Ainsi l'aîné de la famille de Wendel, François est vice-président du leader mondial de l'emballage, Crown. Il habite, entre autres masures, le château de Hayes, tout près de Metz, entre Glatigny et Charleville-aux-Bois. Voilà qui fait plaisir de voir que tous les enfants de sidérurgistes ne sont pas sur le carreau !

A l'occasion de sa venue, la presse a rappelé les origines d'Ernest-Antoine. Fils du banquier Jean Seillière de Laborde, fondé de pouvoir des Charbonnages de la Maison de Wendel avant la seconde guerre mondiale, les Seillière de Laborde étaient des patrons du textile à Senones dans les Vosges. Comme quoi la fermeture des usines textile n'a pas produit que des rmistes !

Du côté de la mère du baron, Renée de Wendel, fille de Maurice, c'était la sidérurgie et les mines. Papa roi dans la banque et le textile, maman reine dans l'acier... voilà un Ernest-Antoine qui a eu beaucoup de mal dans la vie ! On comprend alors sa colère, après les manifestations du 10 mars dernier : "les salariés de France dépensent trop", s'est indigné Seillière cité dans un tract de la CGT distribué à Hayange. "Est-il nécessaire qu'aujourd'hui les salariés achètent un téléphone portable à leur femme ou à leurs enfants ?" C'est vrai quoi, ils n'ont qu'à emprunter celui de leur chauffeur !

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