Les licencieurs à la parade et ceux qui applaudissent27/04/20152015Brèves/static/common/img/contenu-min.jpg

Brève

Les licencieurs à la parade et ceux qui applaudissent

Un journal local s'est fendu le 17 avril d'un long article sur l'entreprise Caddie de Drusenheim rebaptisée Ateliers Réunis. Après la pluie, le beau temps serait revenu grâce au PDG, qui par ses nombreux talents aurait ramené quelques commandes et, surtout, des profits pour les actionnaires. Il aurait même poussé son immense bonté jusqu'à réembaucher 22 personnes... (qu'il n'a même pas besoin de former puisqu'elles ont déjà fait le travail durant des années avant d'être mises au chômage par le même larron). Et ce retour au paradis n'aurait été possible que par l'avance de 1,7 million d'euros par les banquiers de la BPi, de la Caisse d'Epargne et de 300.000€ du conseil régional.

Les 256 emplois supprimés en octobre 2014 ne sont bien sûr pas mis en balance des 22 créés, et à peine évoqués dans une demi-ligne sur la centaine que compte l'article. Quant aux 124 emplois supprimés lors de la reprise par Altia en juin 2012, ils ne sont même pas mentionnés.

Pourtant, en plus du désespoir dans des centaines de familles ouvrières, ces licenciements ont eu pour conséquence immédiate d'un point de vue financier, que tous les mois, un petit pactole de 1,12 million d'euros de salaires et de cotisations sociales ne sont plus versés aux travailleurs licenciés, ni aux caisses, et restent donc dans l'entreprise. Cumulé depuis que les deux vagues de licenciements ont eu lieu, cela fait 13,4 millions d'euros pris aux familles ouvrières pour abonder les comptes de Caddie-Ateliers réunis. On peut donc se demander qui a prêté à qui ? Et comment les sommes ont été obtenues, et qui sera remboursé ?

Mais cela n'empêche pas certains de s'extasier de ce que le PDG arrive à ne pas tout dilapider, que de cet argent-là, il reste maintenant un excédent, qui ira... dans la poche des actionnaires et des licencieurs !

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