Brève
On ne combat pas le chômage avec des bredalas
En Alsace aussi, la crise dure et s'approfondit. Le chômage a plus que doublé depuis 2001. On approche maintenant de la barre des 100 000 chômeurs, soit un taux de 9 %, à peine en-dessous de la moyenne nationale, de 9,7%. Et encore le taux alsacien est-il obtenu en « exportant » son chômage, du fait que plusieurs dizaines de milliers de travailleurs français sont occupés de l'autre côté de la frontière, sur les marchés du travail suisse et allemand. Autrement, il serait bien plus élevé.
Ces chiffres sont très certainement sous évalués. Derrière eux, le chômage est un immense gâchis de compétences, de savoirs et finalement de vies. Ce n'est pas un phénomène naturel, comme les tsunamis, contre lequel on ne pourrait rien faire : il est alimenté par l'explosion des licenciements décidés par le patronat ces dernières années pour continuer à faire des profits malgré la crise. Et l'Alsace ne fait pas exception en la matière.
Pour mettre un coup d'arrêt à ce carnage, il faudra que les travailleurs se mobilisent, à une échelle bien plus large que les limites de la région, pour imposer l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous, sans perte de salaires. Une mobilisation autour d'une telle revendication sera tournée vers l'avenir et autrement plus utile que l'agitation actuelle des opposants à la fusion avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne !