Brève
SEB : le sauveur s’est envolé !
Epinal - Les ex-salariés de SEB sont écoeurés. L'an dernier, le groupe d'électroménager fermait ses deux usines de Vécoux et du Syndicat dans les Vosges et liquidait 439 emplois. Mais SEB promettait que ce serait sans licenciement : il avait dans sa manche un sauveur, Modulex, présenté comme le leader mondial de la maison à ossature en bois. Tu parles ! En fait, il s'agit d'une modeste PME et tous les professionnels rigolent quand on leur parle de créer 500 emplois pour construire des maisons en bois. Mais les pouvoirs publics ont sorti le chéquier. A la signature de la cession des usines à Modulex fin 2006, département, Région et État apportèrent chacun 800 000 € pour la reconversion.
Tout le monde n'avait qu'une envie : que la fermeture des usines se fasse sans bruit. Pour vendre tranquillement ses cafetières, grille pain et autres cocottes-minute, SEB ne veut pas de mauvaise publicité pour continuer à faire ses affaires. Elles sont d'ailleurs florissantes : des ventes en forte hausse (plus 9,8 %) pour le premier semestre à 1,23 milliard d'euros. Et les actionnaires vont très bien aussi, merci pour eux. Le principal, c'est la famille Lescure. Elle fait partie des 300 plus riches familles de Suisse, ah la douceur du pays des Hélvètes... A ses côtés, la famille Peugeot, actionnaire minoritaire, elle aussi plein aux as.
Et pendant que la multinationale laisse dans l'incertitude les travailleurs des Vosges dont l'espoir d'une reconversion s'amenuise, SEB prend le contrôle du leader chinois du matériel de cuisine Supor qui vaut 280 millions d'euros... Quand est-ce que la cocotte-minute va exploser ?